Avant-propos

Entre 2008 et 2009, et pour la première fois de l’histoire, le nombre d’appareils capables de se connecter à Internet a dépassé le nombre d’habitants1. Pour les analystes, l’adoption massive des téléphones de nouvelle génération et des tablettes tactiles, commercialisées à partir de 2007, marque ainsi la naissance de l’ « Internet des Objets ». Dans les foyers disposant d’un accès à Internet, on dénombre désormais plus de six produits « connectés » par habitant. Si cette moyenne englobe les nombreux ordinateurs et terminaux mobiles qui permettent aux internautes d’accéder aux services du World Wide Web, elle prend également en compte la pléthore de produits du quotidien qui intègrent aujourd’hui des capacités de traitement de l’information et de communication.

Jusqu’à présent isolés du monde numérique, les électroniques « bruns », tels que les téléviseurs, lecteurs et décodeurs multimédia ou consoles de jeux, mais également « blancs », tels que les réfrigérateurs, les machines à laver, les pèse-personnes ou les brosses à dents électriques, peuvent, grâce à leur interconnexion à Internet, tirer parti des ressources du Web. L’émergence de cet « Internet des Objets », qui tend à brouiller les frontières entre l’ordinateur et les produits du quotidien, s’explique par deux facteurs majeurs : la banalisation des ressources informatiques et l’adoption des services Web par les utilisateurs.

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Figure 1. Facteurs déclencheurs de l'Internet des Objets.

 


  1.  D’après un calcul réalisé par Cisco (Evans, 2011) et basé sur des données fournies par l’institut de sondage Forrester, 12,5 milliards d’appareils connectés étaient en circulation dans le monde en 2010, contre 500 millions en 2003. Le nombre moyen d’appareils par individu, réparti sur la population mondiale, est ainsi passé de 0,08 à 1,84.