Révolutionnant la collecte de l’information sur le web, la syndication de contenu permet aujourd’hui aux internautes de lire une portion du contenu de nombreux sites sans avoir à se connecter sur chacune des pages concernées pour vérifier les mises à jour. Tous ont aujourd’hui la possibilité de s’abonner à des flux d’information, diffusant en continu alertes, actualités et données diverses. Popularisés par les blogs, les formats RSS1 et ATOM2 permettent ainsi de surveiller tout nouveau contenu publié, depuis son navigateur web, un agrégateur en ligne, ou un lecteur de « news » dédié. Dénominateur commun à plus de 50 millions de blogs3, le petit icône orange, symbole de diffusion continue de contenu, s’invite également sur les grands portails journalistiques, les sites des grandes entreprises, les plateformes de e-commerce, les groupes de discussions, et même sur certains forums et moteurs de recherche ! Les services 2.0 tels que Flickr, Youtube et Del.ico.us l’ont évidemment adopté et offrent aux utilisateurs des canaux de distribution personnalisés, permettant de suivre photos, vidéos ou liens relatifs à une thématique ou une personne données. Il est ainsi possible de surveiller les résultats liés à une requête particulière, et d’être averti presque instantanément des changements.
En hyper-segmentant le contenu du web, les flux RSS permettent donc de sélectionner précisément l’information et d’y accéder avec un gain de temps notable. Accessibles en mobilité depuis un service web, les fils supplantent progressivement les listes de diffusion, ou « newsletters », et séduisent de plus en plus les professionnels, appréciant la possibilité de collecter l’information de manière anonyme. La syndication renouvelle évidemment notre manière de se tenir informé et contribue à la décentralisation du contenu sur la toile. Publiée sur un web de plus en plus fragmenté, l’information peut, par le biais des flux RSS ou ATOM, être transmise et lue, sans avoir été modifiée, par l’utilisateur d’un agrégateur. Facilitant le suivi et l’organisation du contenu, ce dernier outil propose, en fonction des fils, de suivre de manière temporelle un contenu complet, tronqué, ou limité à un lien. Complémentaire à la syndication, l’agrégation joue également un rôle communautaire très important. Grâce au format OPML4, il est possible d’échanger très facilement une liste de flux RSS favoris avec d’autres internautes, ou d’importer ses sources sur différents services en ligne. Le succès du RSS marque aussi le retour des annuaires thématiques, qui référencent parfois jusqu’à 150 000 sources5, et l’arrivée de nombreux moteurs de recherche de flux.
Si des problèmes d’homogénéisation des formats se posent parfois, la syndication du contenu contribue à la verticalisation de la recherche sur la toile, et permet finalement à l’usager de limiter son investigation à des domaines très précis. Transitant librement à travers ces nouveaux canaux, l’information devient vectrice de personnalisation sur de nombreux services web, où il est possible d’agréger ses sources favorites. Très vite submergé par le contenu collecté, l’internaute est souvent confronté à un nouvel enjeu : celui d’organiser et qualifier l’information qui l’intéresse.
**Notes:**1 « Really Simple Syndication », format de document basé sur XML et conçu pour la syndication de contenu périodique.
2 Format de syndication alternatif, souvent couplé à un protocole de publication spécifique : l’APP.
3 Nombre de blogs référencés par le moteur de recherche Technorati en août 2006.
4 « Outline Processor Markup Language », format XML le plus souvent utilisé pour regrouper des flux RSS.
5 C’est le cas de l’annuaire rss-network.com.