Réappropriez vous l’espace public. Comme toutes les installations vidéo, ToucheMe propose de capturer une image de soi et par extension une temporalité donnée. Plutôt axé autour de la personnalisation des zones de transits, aux flux souvent éphémères, ce dispositif pousse pourtant l’interaction physique à son paroxysme. Jouant la carte du syndrome de la photocopieuse, les artistes néerlandais de Blendid invitent ici les passants à littéralement venir se coller contre une vitre translucide ! Une partie du corps se retrouve alors progressivement scanné, et sauvegardé sous la forme d’une photo. Ces drôles de portraits resurgiront aléatoirement, lors des moments d’inactivité, pour mieux marquer un territoire sans cesse changeant. Si l’installation ne renouvelle pas le genre, elle apporte une petite touche d’originalité en accordant plus de sens à l’interaction du corps, et en jouant sur la surface de projection. Pour paraphraser le monumental pipeau formulé sur le site du projet, c’est l’occasion pour les utilisateurs de prendre le temps d’apprécier qui ils sont vraiment, et dans quel environnement ils évoluent. Ce que le visiteur lambda retiendra surtout, c’est la possibilité de faire le con, écrasé tout entier contre une vitre… Après Fabrica chez Colette, va-t-on voir fleurir des stickers humains sur toutes les vitrines des magasins ? Espérons que non.


