Cela fera bientôt un mois que le nouveau titre des créateurs d'ICO (anciennement nommé Wanda and the Colossus) est disponible aux USA. Considéré par les journalistes présents l'E3 2005 comme l'une des révélations de l'année (avec Okami), ce titre, que regarde a découvert en évoquant l'esthétique des jeux vidéo semblait plus que prometteur. Une raison de plus pour que l'on saute sur le premier gamer qui a pu tester la bête, afin qu'il nous confirme le talent de ce studio pour les ambiances uniques (ou pas). Bahamut, étudiant à l'Ecole de Design de Nantes, a pris le temps de répondre à notre mini-interview de preview et a accepté de nous livrer ses impressions sur l'univers à la palette colorée et à l'envergure démesurée. De quoi vous faire saliver avant la sortie française en février. A lire avec les vidéos dispos sur le site officiel en tache de fond, forcément.
Alors, Wanda to Kyozô (Shadow of Colossus) tu l'as depuis quand?
C’est un ami de chez Neko (studio de développement français) qui me l'a fait découvrir, il y a environ 1mois. Disons que j’ai sauté dessus dès que j’ai fini mon stage chez eux, et que je suis dessus depuis 2 semaines et demi environ !
Tu as déjà passé beaucoup d'heures dessus donc?
Oui, mais je n’ai pas fini le jeu à 100% (je débloque les quêtes additionnelles là) ! Malgré les apparences, la durée de vie est plutôt longue…


Bon, concrètement, ça raconte quoi ?
Wanda est un beau guerrier bien bâti, mais qui a un peu le moral à zéro, et pour cause, il porte avec lui le corps inerte de ce qui semblait être sa compagne! Avant de laisser doucement la dépouille sur un étrange autel, il a apparemment fait un long voyage jusqu'à ce temple oublié, sur sa fidèle monture Agro… Afin de pouvoir ramener à la vie l'être qui lui est si cher, il lui faudra abattre les 16 colosses mythiques qui hantent le monde. Tels sont en tout cas les mots prononcés par une force dont on n’en sait encore moins que sur notre héros...Un dieu? Une âme ? un démon ? Qui sait... Toujours est-il que c’est à ce moment de l’aventure que vous entrez en jeu et prenez le relais.

Graphiquement, c'est plutôt inattendu, que penses tu de l'esthétique développée?
Poésie, vertiges, émotions. Ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit lorsque je traverse ces vastes plaines au galop... Un univers démesuré, pour des adversaires qui n'en sont pas moins, et une aventure épique... C'est un jeu qui, par l'atmosphère l'enveloppant, par ses ambiances, procure au joueur des frissons, des vertiges. Les musiques sont de vrais chef-d'œuvres : elle ne vous laisseront pas de marbre et vous aideront à vivre la solitude, la bravoure, la tristesse ou la colère du héro.

Les couleurs, le monde, ça rend quoi?
Colossal. Fermez les yeux, imaginez des immenses plaines, collines, montagnes, telles que vous ne pourrez jamais en voir, crevant le ciel, et sur lesquelles vous serez seul, sur votre destrier... Imaginez des gorges, des vallées, des gouffres béant, semblant tout droit mener au plus profond de la terre... Voilà ce qu’on découvre dans Shadow of Colossus. Tout simplement épique.

Et les colosses?
Grands ? Ils sont tous bien différents, et bien sûr, le but est de réussir à les abattre, sans être réduit en poussière… De loin, on se dit qu’ils ne sont pas si hauts que ça, mais une fois qu’on se rapproche, on commence à comprendre l’ampleur de la tache.

Et donc le but c’est de les attaquer? Comment on s'y prend?
Chaque colosse possède son talon d'Achille...La première étape va vous faire suer : il faut réussir à lui monter dessus, afin de trouver ses points vitaux (symbolisés par des runes) Un fois cette étape franchie, accrochez vous, car pour le mettre à mal, il n’est pas question de lâcher prise et de vous ramasser par terre. Donc tenez bon, sortez l'épée de légende et plantez la aussi fort que vous le pouvez au point G. Ca devrait avoir son effet. Attention à la chute...

Et tout ça en mouvement? Comment tu fais pour tenir accroché sur son bras?
Et oui, le colosse continue son chemin, vous secouant dans tous les sens comme une créature insignifiante. Evidemment, vous, vous restez accroché, car votre vie en dépend... et la sienne (de votre belle), car vous vous battez pour la ramener dans le monde des vivants ! Bref, quand le colosse sent une chose qui le chatouille, il ne se gêne pas pour se secouer dans tous les sens, et on nous sert des très belles animations. Wanda s'essoufflera à force de rester accroché à bout de bras sur une touffe de poils, donc vous avez intérêt à trouver un endroit ou vous reposer 5min, sinon c'est la chute...
Et il y a des d'autres monstres sinon?
Non !
Donc le but c’est de tuer les 15?
16 ;) Oui, et on pas le temps de penser à autre chose ! Mine de rien, vous en avez envie, de leur foutre une raclée, histoire de voir ce qu'il va se passer après. Si l’on n'apprend pas grand chose au niveau scénaristique jusqu'au dernier colosse, la fin est quant à elle… extraordinaire.

C’est vraiment immersif? Addictif?
Oui, et les mots sont faibles...C'est une quête épique, dans un univers magique, poétique, et accompagné de musiques magnifiques. Il faut y jouer pour sentir la puissance que ce jeu dégage. Difficile d’exprimer ce que l’on peut ressentir lorsque Wanda assène le coup fatal à ces monstres, du somment de leur tête, ou qu’ils s'écroulent lourdement au sol. Dans un sens, c’est le combat de David et Goliath puissance 16.

Au final, véritable hit ou ovni expérimental ?
L’adjectif qui convient le mieux : excellent. Et à mes yeux, une merveille. Réellement, pour tout ce que j'ai dit précédemment. L'univers, le héros, l'histoire, les musiques, l'atmosphère...
Merci à Bahamut / Yves !