PSP: une histoire de séduction?Sony arrose le web européen de billets verts (ou rouge, quand le dollar n’ouvre pas toutes les portes). Du coup les bannières PSP fleurissent sur les sites branchés, les sites hi-tech gadgeto-tendance, les sites de ciné, et bien évidemment les sites de jeux vidéos. Si on réfléchit bien, la dernière console portable de Sony s’agite partout depuis le 1er septembre. Après la fameuse campagne de réservation « les premiers seront les premiers », on s’attendait à des ruptures de stocks inévitables. Pourtant, les lutins PSP, vêtus aux couleurs de la console, s’activent dans tous les centres commerciaux. Ils ne manquent d’ailleurs pas de gesticuler derrière une bonne grosse PLV en carton !
Une fois n’est pas coutume, ce ne sont pas les seins de l’hôtesse qui font loucher les 12-30 ans (des mâles, forcément) , mais le dernier rejeton de Sony, à l’écran plat digne d’un double post-it (à l’inverse de la DS de Nintendo, ceux-ci sont placés côte à côte). A l’instar des maisons closes, il n’est pas question toucher la marchandise. Plaisir des yeux uniquement. Les bornes d’essai n’échappent d’ailleurs pas à la règle, et finalement on n’essaie fébrilement que de sortir les 250€ requis pour repartir avec la console.
La PSP a définitivement la classe, enfermée dans sa coque transparente. Les boîtes entassées derrière (miracle, des stocks !) font envie, et rappellent les packaging Apple. La comparaison s’arrêtera par contre ici, ceux qui auront pu déballer une console n’oseront pas me contredire.
La PSP : plus fort que toi ?
Les laboratoires de Sony semble tout cas avoir élaboré, en étroite collaboration avec ces fourbes de marketeux, la formule parfaite pour attraper le client. On s’attendait à voir fourmiller toute une égérie de prépubaires bavant et d’ados en chaleur (c’est un console non ?), pourtant, on en est bien loin. Oui, c’est vous, l’innocent, en plein shopping qui lâchez la main de votre bien aimée pour vous approcher de cette curiosité hi-tech. Ecran 16/9e de folie, possibilité de lire des films (ils vendent même des UMD vidéos à côté des DVD), support des Memory Stick, lecture de photos, mp3, clips, navigateur web. Wow ! Ca pète grave ! La finition, de loin, semble plutôt jolie. Bref, vous voilà devant la parfaite station multimédia portable. Le truc idéal pour s’occuper (et se la péter) dans le métro, pour aller en voyage, tout ça. Ha oui, vous venez de vous rappeler qu’en plus il y a même des jeux ! La piqûre a fait son effet, vous ne repartiez pas sans. C’est à ce moment que votre compagne est en alerte, elle n’a plus vu vos yeux briller autant depuis … fiouu… heu, longtemps. Stop. Bouchez vous les oreilles, filez à la caisse, elle s’apprête à vous ridiculiser. C’est simple : l’esprit féminin ne peut pas comprendre l’intérêt de regarder un film sur un écran de 480x272 pixels, même si c’est dans le bus. Elle va remettre en cause la taille, vous dire que c’est parfaitement ridicule, qu’il n’y a aucun intérêt à acheter des UMD vidéos qui coûtent quasiment aussi cher qu’un DVD. Inutile d’essayer de vous justifier. Vous aurez beau lui dire que l’écran a une qualité de malade, que les jeux sont dignes d’une Playstation 2 et qu’on peut faire tout un tas de trucs complètement cool avec, elle ne comprendra pas. L’explication tient en une phrase : « il n’y a pas de Sims sur PSP ».
La PSP, une console d’adulte ?
A une époque où jouer n’est plus trop à la mode pour les jeunes adultes, Sony ne s’est pas gêner pour justement vous viser, le vieux dont la SNES est déjà depuis longtemps au placard, et dont le cadavre de la Playstation trône encore à côté du lecteur DVD-DIVX. Loin de l’image bon enfant et jouet en plastique de sa concurrente, la PSP fait bel objet, hi-tech. On a presque peur de la toucher pour ne pas l’abîmer à tel point qu’on vous conseille vivement de repartir avec un sticker de protection pour l’écran ! Alors console déguisée en station multimédia ou l’inverse ? Mieux vaut écarter un peu le côté ludique, ce n’est plus trop de votre âge. Ce qui est vraiment cool, c’est que vous allez pouvoir synchroniser la bestiole avec votre PC, via le wifi, bidouiller tout un tas de trucs, surfer sur le net sans souris ni écran tactile ! Sentez votre instinct geek qui s’éveille… Franchement, si ce n’était qu’une simple console, vous n’auriez pas eu envie de craquer, mais là, la tentation est grande. Vous vous tâtez sec. L’obstacle ? Le prix. Pour jouir à 100% de la PSP, il vous faudrait un Memory Stick 1go, une housse, un truc de protection, des écouteurs, bref, le pack deluxe, le gros, celui qui dépasse les 350 euros. Merde, contrairement à ces mioches qui frétillaient à côté de vous, vous avez les moyens. Pensez à la tronche de vos collègues lundi matin.
La PSP, déficit maker
Bon, envoyez Belle chez Zara acheter la robe (ou la jupe… enfin le truc rose là), qui coûtent la peau du cul (oui c’est vous qui payez), et inventez un prétexte bidon pour ne pas aller avec elle. Le mieux étant d’avoir entamé une période de boudage depuis l’épisode fâcheux de tout à l’heure. Une fois qu’elle a le dos tourné, retournez chez Micromania. Ne perdez pas de temps, attrapez le pack le plus cher, vérifiez que vous avez tout, et prenez quand même un jeu pour la forme. D’ailleurs, ils sont où les jeux ? Mine de rien vous n’aviez même fait gaffe, pourtant il y a des jeux de caisses! Exactement ce qu’il vous faut. Filez à la voiture, retournez chercher Belle. Vous avez fait votre achat en paix et toute sérénité. Satisfait, vous pensez déjà à ce soir, lorsque vous allez déballer la console et l’essayer.
La PSP, surprise !
La boîte est sur le bureau. Il ne faut pas vous le dire une seconde fois pour que vous ouvriez, déballiez, branchiez, allumiez avec la démo fournie. Magie, ça fonctionne. O joie, c’est beau. "Putain de sa mère, ça dépote grave."
Ha, il faut mettre la PSP à jour. Firmware 2.0 qu’ils disent. Pas de problèmes, ça se fait en quelques minutes.
Stop, on arrête tout.
Vous ne le savez pas encore, mais vous venez de faire une éminente connerie. Vous vous rappelez de tout ce que vous avez entendu autour de vous sur les applications maisons (homebrew) qui pouvaient tourner sur la console ? Les émulateurs, les petits softs sympas, la possibilité de faire tourner les isos des jeux téléchargées sur le net, tout ce qui transformait la console en paradis du bidouilleur. Oubliez. Envolés. Votre console est de nouveau (et encore pour un petit moment) exemptée de toute faille de sécurité. Dommage.
Consolez vous, il vous reste le porno spécialement encodé au format PSP. En plus il y aura bientôt des UMD vidéos tout roses. Les sites spécialisés ne devraient d’ailleurs pas manquer de débarquer à grands coups d’allopass, comme à l’époque des premiers mobiles nouvelles générations. Le cul moteur de la PSP ? Non, voyons… Pas encore, du moins.
La PSP, pas mal pour jouer !
On se calme, il vous reste les jeux. Pas de souci de ce côté là, la liste des jeux en développement est plutôt sympathique. La console n’aura pas de mal à s’imposer avec les futurs hits annoncés. Et puis, au moins vous n’avez pas de pixels morts. Finalement, c’est pas si mal de jouer. Vous voilà happy pour 4 heures, le temps que la batterie se dégonfle. Bah quoi, un film ça dure souvent plus de 3H? Vos gueules hein !
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