Encore eux! UVA a fait sensation cet été avec un miroir en 3D. Le dernier projet du collectif anglais, Mirror, se situe quelque part entre le portrait, la sculpture et les études d' Eadweard Muybridge (célèbre pour ses décompositions photographiques du mouvement). L'image tri-dimensionnelles projetée sur le fameux boût de verre que certains ont pu découvrir ne sort pas de nulle part. Tout fonctionne en fait à partir d'une paire de caméras stéréo qui vont capturer différentes perspectives des invididus présents dans le champ. Les flux vidéos de la zone sont également combinés eux afin de créer une sorte d'historique des derniers mouvements (en clair, ça bouge de manière fluide). Une réalité et une temporalité captées à un moment donné donc, avec lesquelles le participant va pouvoir interagir, en créant de nouvelles formes. Le dispositif devient jeu et le corps, à travers le mirroir, une peinture. Ce décalage et cette latence permettent alors de se voir sous des angles peu communs, forçant le spectateur à considérer la propre vision de la machine. Cette dernière est d'autant plus déformée que la technologie embarquée n'est pas infaillible. C'est un fait, l'homme est limité dans sa vision, et le traitement est bien différent. C'est cette prise de conscience qui fait là tout l'intérêt de cette installation interactive présentée au mois d'août dernier à la galerie londonienne Kesmistry. Quand le mirroir et la vidéo permettent à l'éxécutant d'être le spectateur de ses propres actions, l'ombre de Dan Graham plane. Tout simplement excellent d'autant que les visiteurs pouvaient même télécharger leurs autoportraits depuis un mini-site dédié.


