« I’ve been waiting for you. » est une exposition qui requiert votre participation. Faut-il encore présenter la cellule de recherche made-in-Benetton la plus grosse d’Europe ? Avec ses 7 départements, autant dire que Fabrica n’en est pas à son premier projet. Oscillant entre expérimentations artistiques et enjeux commerciaux, la démarche de cette institution élitiste n’en finie plus de faire parler d’elle. Six de leurs installations interactives, réalisées par une poignée d’artistes de nationalités différentes, sont actuellement exposées à la galerie d’art numérique TRIAD à Séoul (jusqu’au 17 décembre). Soulevant les thématiques des relations œuvre/artistes/public (mélangez dans tous les sens), ces travaux évoquent aussi les possibilités qu’offrent les nouvelles technologies et les réseaux. Au programme, « Afterparty », un dispositif d’enregistrement vidéo, activé par un capteur de mouvement, qui trouve tout à fait sa place à l’entrée de l’espace. Chaque nouveau visiteur a en effet la possibilité de laisser une trace de son passage, plus ou moins consciemment, ou de visionner les séquences des autres, jouées en boucle. « We are the time. We are the famous » remet le couvert et joue la carte de la capture vidéo. D’un côté, une image projetée qui n’est nette que si vous ne bougez pas, de l’autre, la mosaïque d’une séquence enregistrée à la volée, jouée à quelques millisecondes de décalage. Vidéo, perception de soi, latence, temporalité, Dan Graham n’est décidemment pas très loin. A croire qu’il a troqué ses télés et son caméscope pour deux projos, une paire de webcam et quelques capteurs. Revendiquées participatives, ces installations développent pourtant une interactivité extrêmement limitée. L’intérêt relève finalement plus du résultat final (toutes les séquences mises bout à bout) que de l’intervention individuelle, pas vraiment jouissive. On retrouve le même problème dans « Remote », une application techniquement très réussie, qui génère rythmes et mélodies en fonction des changements repérés sur les images des webcams streamées du monde entier. C’est du temps réel, c’est agréable à écouter, c’est pilotable via un joli clavier, mais c’est particulièrement frustrant. Jusqu’à quel stade le public a-t-il vraiment l’impression de prendre part à l’œuvre et d’y exercer son contrôle ? Pour le coup, le péquin moyen est malheureusement plus figurant qu’acteur de l’installation. A l’inverse, « Local Channels » ne pourrait évidemment pas fonctionner sans l’audience. A l’instar d’une chaine de télévision, dont le contenu (images et vidéos) doit être uploadé par les visiteurs (via leur téléphone portable), ce dispositif est plutôt réussi. On retrouve également avec surprise « Flipbook ! », l’appli d’animation image par image que vous connaissez tous, qui marche toujours aussi bien, et l’excellent « We Feel Fine ». Ce dernier big brother des blogs, véritable tuerie du genre, ne tournait malheureusement que dans une version slide-show, mais on ne manquera pas de vous en reparler en détail dès demain. Pour plus d’informations, jetez un œil sur le site dédié, ou sur celui de la « TRIAD New Media Gallery ». Quelques photos de la fin du vernissage dans la suite...





