Edito: mes « online friends »Ils ont tous leurs messengers ouvert non-stop, mais n’échangent plus un mot. A long time ago, je gribouillais mon numéro ICQ (moins de 8 chiffres quand même) sur un bout de cahier et tentait de convaincre mes amis d’installer la fleur verte de Mirabilis sur leur machine. Aujourd’hui, tous ont évidemment rejoins ma liste de contacts MSN, que je me suis résigné à installer depuis… Si Microsoft a écrasé ses concurrents à coup de vidéo conf’ et d’émoticons débiles, il aura fallu plusieurs années et l’arrivée du haut débit, pour que je puisse « chatter » avec une personne de mon réseau sans bouger de chez moi, ni dépenser un centime. Tout le monde est enfin là, à portée de click, sauf que … plus personne ne se parle. J’ai peut être un problème, mais 80% des gens connectés dans ma liste se déclarent « absents » ou « occupés ». Je veux bien croire que tout le monde ne passe pas sa vie derrière l’écran, mais c’est à peine si certains prennent la peine de changer de statut (tout en exhibant le morceau qu’ils sont en train d’écouter à côté de leur pseudo). Au final, tout le monde s’ignore royalement et observe les « alt messages » des autres, qui déclenchent (parfois) quelques interjections. Aurais-je loupé un truc qui s’appelle Facebook ?
Je tente le coche : à peine l’inscription validée que tout mon réseau est automatiquement reconstitué ! Bluffant… Mais si tous répondent à mes requêtes d’amis en moins d’une journée, les échanges n’ont pas l’air bien plus animé que sur MSN... Certes, chacun pique les gadgets de l’autre et s’amuse à enchainer les tests à la cons, mais personne n’a l’air d’abuser de la communication asynchrone pour autant. Que s’est-il donc passé pour que plus personne n’ose lâcher un énorme « kikoo » à son prochain ? Trop vieux ? Plus le temps ? Rien à dire ? Pas envie ? C’est comme si chacun en avait marre de répéter les mêmes conneries à tout le monde et n’osait plus s’adresser à l’un plutôt qu’à l’autre. Du temps où je faisais le malin sur IRC (avec les mêmes personnes qui sont sur MSN aujourd’hui), la discussion publique alimentait ou relançait presque systématiquement les échanges, que ce soit sur le channel ou en privé. Et pourtant, chacun pouvait s’absenter des heures durant et relire le log une fois rentré chez lui.
Cette dynamique de flux, commune à un groupe, on la retrouve aujourd’hui sur Twitter grace à la ribambelle de clients desktop qui l’accompagne. Vivement critiquée, la plateforme de microblogging la plus fréquentée du web semble en passe de devenir chaque jour un peu plus un outil susceptible de concurrencer MSN. Au-delà de son lot de blogostars frimeuses et pour peu que vous convainquiez vos amis de s’y inscrire, Twitter se pose comme un agrégateur et un diffuseur de « tranches de vie » particulièrement intéressant. L’enjeu n’est pas d’exhiber son quotidien et de cracher des messages en anglais dans le vide pour se faire remarquer, mais plutôt de tisser des liens complexes avec son réseau et en alternant surveillance et contribution. Qu’il vous soit arrivé une merde et que vous jetiez une url dans la mare, je me plais à croire que tout ce que vous partagerez alimentera un flux collaboratif, générateur d’échanges et de lien social. Déporté sur le web aux yeux du groupe, le contenu éphémère qui trônait jusqu’à présent à côté des pseudos pourrait presque relancer ma vie sociale sur internet. Twitter, bientôt indispensable ?