Jang-jae min, 21 ans, chapeau de paille sur la tête, sourire aux lèvres est une curiosité coréenne à lui tout seul. C'est avec une caisse de bananes qu'il nous accueille dans la galerie BHM (Blind Sound Media Hub) de Séoul, où se déroule actuellement une mini-expo intitulée "Dilemma Project". A peine entrés, nous voilà déjà flashés par les quelques coréennes qui visitent déjà la petite salle et invité par ce jeune graphic designer pour une séance de portraits improvisés. En 5min, le bonhomme joue du marqueur et nous pond une caricature personnalisée assez cheap, mais pas moins étonnante. J'entame ma banane en jettant un oeil aux travaux accrochés. Lapin rose, fleurs et papillons colorés semblent tout droit sortis de l'imaginaire d'un gamin de 5 ans. Je ne m'y trompe d'ailleurs pas, puisqu'on mexplique dans un anglais assez limité qu'il s'agit d'un dessin d'enfant. L'étiquette, tout en hangul, ne m'aide pas vraiment à en savoir en plus, et Jang-jae min semble avoir du mal à communiquer avec nous. On continue avec une tête de Mickey toute aussi obscure, et des gribouillis étranges. On devine évidemment une certaine critique de l'art en général (en particulier de certaines oeuvres coréennes au traitement graphiques parfois minimaliste) et un questionnement sur la valeur de l'art. Arrivent enfin les fameuses bananes "Dilemma", grosse parodie de la marque Del Monte et les ersatz de paperpack "Milk", qui traitent, d'une manière pour le moins surprenante, de l'immortalité. "Si nous prenons de force la vie, sa vraie beauté disparaitra". C'est ainsi qu'il est conseillé de garder dans son frigo ces briques de lait ou même de s'en servir comme oreillers! L'expo prend ensuite une tournure plus commerciale et se transforme en mini-boutique. Une série de visuels plutôt réussis sur le thème du coeur est présentée et imprimée sur différents t-shirts (à seulement 8€). Pour 3€, vous pouvez également repartir avec une police home-made plutôt sympa, livrée sur disquette. Quelques bafouilles plus tard, je finis par apprendre que Jang-Jae est actuellement freelance chez Blindsound, un studio de créatifs basé à Séoul, et dédié au "network art". Pas vraiment adeptes des amphis, le jeune homme prefère l'ambiance du free market (un marché séoulite animé par de jeunes créateurs) et les rendez-vous de designer pour promouvoir son travail. Il fait également parti du collectif Gaemihalkki qui regroupe plusieurs graphistes... Définitivement décalé, Jang-jae Min se démarque par sa bonne humeur et son univers très frais et artisnal, que l'on retrouve également sur son blog. Plus de photos de l'exposition par ici.







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