De surprenantes « sculptures plates ». Détraqué du ciseau et cueilleur de couleurs, cet artiste sud-coréen semble prendre un certain plaisir à jouer avec votre perception du volume. Après un passage à la peinture sur bronze, Gwon Osang plonge dans le découpage de magazines, et fait jaillir de sa précieuse collection d’échantillons des mannequins grandeur nature (et une voiture). Avec « Deodorant Type » en 1998, la photographie devient en quelque sorte la nouvelle matière de ce sculpteur à la démarche alternative. Re-construire la matière capturée par le film photo revient en un sens à imprimer ses clichés. Le résultat, particulièrement bluffant et sophistiqué, n’en reste pas moins sensible. Les figures humaines qu'il réveillent intriguent par un côté hybride prononcé et par des proportions parfois peu conventionnelles. En 2003, avec « The Flat », Gwon passe à l’accumulation et immortalise en 2D des photos de montres ou de produits de beauté (toujours piochées un peu partout), disposées dans un environnement réel. Exit l'installation, le visiteur se retrouve à présent face à representation du travail, sélectionnée et capturée par l'artiste. Si la critique s’empresse dans le pousser dans le camp des photographes, il reste formel : il s’agit là d’une sculpture simplifiée! En bouleversant les notions de matière photographique et de volume, le coréen intrigue et suscite la curiosité d’un public « piégé », l’espace de quelques secondes, par ce cross-over audacieux. La preuve dans la suite (via fabrica).





Plus de photos sur le site de Gwon Osang.