Objets glanés, poissons et humains miniatures: bienvenue dans l'univers improbable d'un artiste coréen atteint de collectionnite aigüe. Ce Ron Mueck asiatique, tout aussi minutieux que son homologue australien, cultive évidemment une démarche très personnelle. Bien loin des personnages géants, Dongwook Lee travaille à l'échelle inverse, toujours avec un souci d'ultraréalisme. Avec lui, le conte philosophique se transforme bien souvent en cauchemar puisque ses figurines, toujours nues, subissent toutes les formes de séquéstrations possibles. Comme l'artiste observait pendant des heures ses poissons, le public lorgne, penché sur devant tous les coins de la salle, sur ces lilliputiens désespérés, qui semblent avoir préférés vivre comme des insectes plutôt que de subir la pression et les obligations de la société. Kafka n'est pas loin, et les pauvres ont vite fait de se retrouver enfermés dans une boîte de sardines, saucissonnés dans le vide, décapités, ou sur le point de mourir. Après deux expositions (Inbreeding et Mouthbreed) à confronter ses créatures à différents objets du quotidien et à tester leur resistance, voilà qu'il les isole, dans Breeding Pond. Espaces restreints, pâleur exacerbée, sadisme poivré de souffrance, voilà ce dont se rappelleront sans doute les visiteurs de cet exposition qui requiert de sacrées bonnes lunettes. Tintée de surprises, la visite (gratuite) de cet "étang" d'insectes humains (plastiquement irréprochable), à l'interprétation laissée libre, mérite le détour. Rendez-vous à la galerie Arario de Séoul jusqu'au 8 octobre. Des photos plein la suite, directement pompées de la page dédiée de l'expo.




