Qui n’a jamais rêvé d’utiliser un globe terrestre interactif ? Rick Companje, Nico van Dijk, Hanco Hogenbirk et Danica Mast, des étudiants de l’université néerlandaise de Leiden, ont fait sensation à Laval Virtual avec leur « Globe 4D ». Avec leur installation, ils ont proposé au public d’observer la terre en intervenant directement sur une demi-sphère rotative (sur laquelle sont projetées des images 3D) mais également un plateau permettant d’influer sur le temps. L’interaction est des plus simples, et c’est cette dimension temporelle qui transforme la « 3D » en « 4D ». Si le dispositif n’a rien d’extraordinaire, l’équipe légitime son travail par un contenu plutôt riche qui permet de remonter plus de 750 millions d’années de bouleversements géologiques ou climatiques. Le globe se décline d’ailleurs très facilement pour la Lune, Mars ou n’importe quelle autre planète. L’application, développée en C++ utilise Open GL et OpenGlut, dispose d’un modèle de données bien particulier pour tout ce qui concerne les animations et les textures. Ciblant directement les musées, écoles ou centres de recherches, les jeunes media designers ont tout intérêt à ouvrir leur projet aux particuliers qui souhaiteraient également mettre au point de nouvelles cartes… Si le contenu semble être au rendez-vous, il est dommage qu’il soit réduit à une vision macroscopique, alors qu’il aurait été possible de mettre point des interactions plus complexes. En attendant un zoom surpuissant, permettant de plonger dans les profondeurs des planètes, l’équipe repart avec deux prix : celui de l’ « Education and Virtual Entertainment » et celui des « Emerging Technologies », qui leur offre un billet d’entrée au Siggraph 2007. Pas mal non ?
Un étonnant ballet robotique. Vous ne rêvez pas, ce sont bien de mini-cubes sur roulettes qui valsent en rythme sur un décor et château. Posés sur un écran d’ordinateur placé à l’horizontale, ces miniuscules robots s’animent en effet comme de vrais êtres vivants ! Pas besoin de télécommande ou d’ondes radio, ils agissent de manière autonome et sont simplement contrôlés par les images affichées sur la dalle. A l’aide de capteurs lumineux, chaque bestiole peut en effet interpréter les figures géométriques animées correspondant à des actions précises. Masahiko Inami, professeur à l’université d’électro-communications de Tokyo, était évidemment présent à Laval Virtual pour nous exposer le travail qu’il mène avec ses étudiants. Outre cette animation totalement décalée du laboratoire, on pouvait également découvrir un petit ours blanc, aux allures de « designer toy », à accrocher sur son écran d’ordinateur ! Deux carrés suffisent cette fois-ci à commander des actions simples, comme le battement des bras ou des jambes, signalant par exemple l’arrivée d’un nouveau message. Derrière une technologique apparemment très simple, se cachent évidemment un programme complexe mais qui nous laisse entrevoir d’énormes possibilités. Pour le moment, seule la surface d’affichage requise pose encore problème, mais l’on peut s’attendre à cette dernière soit considérablement réduite dans l’avenir. En attendant que vos toyz se mettent à swinguer, passez plutôt découvrir les autres travaux du « Inami Lab » !
Créer de l’interactivité en groupe n’est pas une mince affaire, mais De Pinxi a relevé le défi. Depuis 1993, cette société belge a réalisé plus de 60 installations interactives à travers le monde. Ces expériences, proposées aux musées ou parc d’attractions, sont constituées par l’assemblage de mondes virtuels (infographie et sons), de vidéos, d’effets lumineux, d’informatique et d’électronique de contrôle, mise aux mains des visiteurs. Leur métier ? Traduire une idée, un scénario, un parcours muséographique en une expérience interactive grand public, « hors du commun » ! Et l’on peut dire que c’est réussi. En rentrant un peu par hasard dans la salle de projection De Pinxi à Laval Virtuel, nous nous sommes retrouvés acteurs d’un parcours digne du Futuroscope, coincés dans les grottes de Han-sur-Lesse. Il paraît que seule une poignée de spéléologues ont pu admirer ces galeries secrètes, et il faut avouer que le résultat est assez bluffant. Equipé de vos lunettes 3D, le plafond à l’air terriblement bas. Entre deux rebondissements cuculs, il vous faudra tâter du joystick (installé sur votre siège) et participer à l’aventure. Chaque spectateur se retrouve alors maître d’une pastille mobile avec son numéro, affichée sur l’écran, et il doit écouter les consignes des personnages (une oreillette est fixée sur vos lunettes) pour se sortir de situations plus ou moins périlleuses. Pas une minute à perdre, il vous faut agir en groupe et mouliner de manière synchrone pour avancer ou effectuer un mouvement particulier. Le système fonctionne également beaucoup à base de votes, et vous permet ainsi de piloter un canot de sauvetage en évitant les rochers ! La plus timides devront se ménager, puisqu’il faudra également crier pour valider certaines actions. Plus que l’époustouflant jeu des acteurs, on retiendra finalement l’interactivité subtilement dosée pour faire passer la pilule culturelle auprès des jeunes… et des moins jeunes.
Regarde vous propose une mini-vidéo des installations phares présentées à Laval. Parce que les images parlent plus que du texte, vous retrouverez notre équipe en pleine manipulation du Virtual Brownie, du Touch Light, du Invisible et de quelques autres, dont vous entendrez très bientôt parler sur ces pages. La vidéo est signée Jean-Yves Rigal et visible dans la suite…
Badge invité en main fraîchement mis autour du cou, appareil photo et bloc notes en main, je me dirige vers le sombre couloir du salon. Premier stand en vue, et première installation interactive en provenance direct du pays du soleil levant. Développé par des étudiants de l’ Université de Tsukuba, Haptic Noh Trainer est un outil visant à reproduire un mouvement perçu sur une vidéo, de la manière la plus précise possible. Un joujou câblé entre les mains, et les pieds bien campés sur des repères, vous devez reproduire la danse traditionnelle qui vous est projetée, avec la plus parfaite exactitude. Installé dans un éventail, un périphérique de retour d’ effort vous fait comprendre par de désagréables soubresauts que vous n’êtes pas en rythme et en cadence. Intérêt de développement ultérieur ? Peut être une application aux personnes non voyantes. Bref, première installation visitée et bonne surprise en tous cas. Intro réussie, mission accomplie, je suis séduit. La suite en images…