Julian Oliver dévoile la pré-beta d’un « memory » spatial particulièrement innovant. Entre interface tangible et réalité augmentée, ce projet de jeu interactif utilise un cube dissimulant un véritable petit labyrinthe en 3D. A chacune des faces correspond une chambre, connectée aux autres par un réseau de portes et d’escaliers et qui ne sera révélée sur un écran que si vous présentez l’objet devant une caméra ! Votre mission ? Aider le pauvre avatar enfermé dans ce dédale à trouver son chemin… En faisant légèrement pivoter le cube dans un axe, vous pourrez progressivement mener le personnage de pièces en pièces. Voies sans issues, escaliers piégés (retour à la case départ) et limite de temps pimenteront certainement la partie et enrichissent un gameplay extrêmement basique, mais visiblement efficace. « LevelHead » superpose donc un environnement virtuel à la réalité, et propose une interface « cube » particulièrement simple à manipuler. Si le dispositif ne révolutionne pas le domaine de la réalité augmentée, il développe à moindre coût une interaction tangible cohérente avec le virtuel. Un simple cube tagué de différents motifs et un « eyetoy » suffisent au programme de ce spécialiste du game art pour reconnaître la position du contrôleur et déclencher les actions adéquates. Encore en développement, le jeu devrait comporter 5 niveaux, des pièges toujours plus vicieux et d’un support du multi-cubes! A découvrir en vidéo.
Pour promouvoir son jeu de rôle phare au Japon, Microsoft s’est offrert un mur interactif. Installé en avril dernier en plein cœur de Shibuya, l’un des quartiers branchés de la capitale Nippone, le dispositif mettait en place jeu d’ombres projeté sur la façade d’un building. Tout comme dans « Blue Dragon », tout juste arrivé dans nos rayons, les passants ont eu la surprise de voir surgir des créatures magiques géantes de plus de 40m de hauteur ! C’est une fois la nuit tombée, au pied de l’immeuble en question, que l’on pouvait retrouver une poignée de Tokyoïtes, en train d’agiter leurs bras pour étendre une ombre bientôt métamorphosée en dragon, minotaure ou phœnix. Témoins de la transformation et des mouvements des participants, les habitants du quartier ont assisté avec plaisir à une animation publicitaire qui dégénérait parfois en spectacle improvisé ! Comptant sur la participation du public, les créatifs à l’origine du projet ont en effet jugé bon d’inclure quelques surprises, comme l’attaque d’un pied géant… En plus de ces ombres générées en temps réel, « Big Shadow » proposait également aux internautes de prendre le contrôle d’un participant virtuel, tout en gardant un œil sur le flux vidéo filmant les lieux. Un bon moyen de rendre accessible à tous une installation mêlant « out of home advertising » et art numérique ! Le dernier jeu Xbox d’Hironobu Sakaguchi ne pouvait donc espérer meilleurs talents que GT, Zoolib, Img Src, Projector et l’excellent Yugo Nakamura pour assurer sa promotion au pays du soleil levant… (via Pixelsumo)
Si à l’avenir, de petites bêbêtes commencent à vous courir le long du bras pendant un deathmatch d’Unreal, évitez d’appeler le psy de garde. Si vous n’êtes alors pas devant un ordinateur c’est que vous avez abusé des champis. Né du brainstorming boosté aux hormones du workshop Interactivos? (tenu au Medialb Madrid en Juin dernier) et réalisé par Chris Sugrue, Delicate Boundaries est un projet tout simplement magnifique. Utiliser le contact humain pour briser la barrière physique de l’ordinateur, et explorer les frontières entre les médiums réels et virtuels. Tel est le credo défendu par cette installation. A la base, un simple écran vous présente un essaim de créatures semblables à des bactéries, vivant et se mouvant dans l’espace clos de leur univers virtuel. Jusque là, rien de bien passionnant. Mais le moindre contact avec le moniteur amènera les organismes à se rapprocher de votre doigt… et de se mettre à courir sur votre main, votre bras… Cette fois ci, ce n’est plus explorer un univers numérique, mais bien devenir soit même un médium de découverte pour des entités intangibles. Côté technique l’installation reste simple : une caméra, un écran, un projecteur, le tout agrémenté d’un petit soft maison C++ powered et l’illusion est parfaite. Prenant la tendance de l’architecture interactive à contre-pied, Delicate Boundaries, ou « barrières sensibles » est inutile certes, mais possède un sens poétique exacerbé et se permet même de remettre en question notre rapport aux entités virtuelles. Et Chris Sugrue ne compte pas en rester là car il travaille actuellement sur l’implantation d’un univers sonore, sensé augmenter l’impression et l’illusion de contacts physiques. Bref un projet qui on s’en doute fera encore parler de lui, d’autant plus si on imagine les enfants qu’il pourrait engendrer dans le domaine de l’art numérique… Affaire à suivre… N’oubliez pas de jeter un coup d’oeil à la vidéo. (Via wmmna)
Qui ne s’est jamais retrouvé à quatre pattes, plongé dans un bac à sable pour tenter d’y faire jaillir son propre espace de jeu ? Il fallait alors jusque-là se servir de ses mains et accompagner le tout d’une bonne dose d’imagination… Avec « Sand-create », plus besoin d’imaginer, il suffit de sculpter le sable pour que des éléments virtuels surgissent et s’animent. Imaginée par trois étudiants de l’université Gifu (messieurs Yamamoto, Hasegawa et Hayakawa), cette installation vous permet d’interagir avec des formes aqueuses qui s’écoulent doucement dans les creux formés par le sable. Le résultat, proche de la réalité augmentée, est saisissant de simplicité. Par une gestuelle simple, il est donc possible d’influer sur une seconde couche immatérielle, à la fois fluide et réactive ! Côté technique, on soupçonne une détection infrarouge du relief, sur lequel sont projetés ces « courants aquatiques » à la physique impeccable. Un petit bout de nature, une grosse dose de simplicité et une pincée de poésie au programme de ce projet… forcément japonais ! Plus de détails sur le site du Kijima Lab (réservé aux aventuriers) ou dans la suite (merci à Aromatik).
Ce qui m’étonnera toujours dans la réalité virtuelle, c’est ce décalage entre l’orientation des applications. Certaines sont les deux pieds dans une optique commerciale et industrielle, et d’autres sont complètement lyriques. Wet-free water fait partie de celles là. Signé le Nara Institute of Science and Technology, cette application propose à l’utilisateur d’interagir avec de l’eau virtuelle. Coulant dans un récipient lui bien réel, il est possible d’intervenir sur le déplacement des fluides avec une cuillère en bois. Du vrai bois. L’eau présente sous la forme de gouttelettes se mélange pour former un liquide plus dense. Une boule virtuelle est même utilisée pour démontrer la capacité de l’installation à reconnaître le degré de force exercé d’un objet bien réel à un autre numérique. A vrai dire, je n’avais jamais vu tant de gens aussi enjoués à l’idée de touiller de l’eau pendants des heures. A ne pas louper, cette vidéo.
Marrant et poétique. On peut s’éclabousser sans risquer de se faire engueuler. Dommage pour les concours de t-shirts mouillés.