Du kitsch commercial, approuvé artistique. Drôle d’univers que celui de ce photographe allemand. Parfois en vadrouille à St Petersbourg, souvent entouré de bimbos en lingerie, il joue à un monopoly de l’art aussi aléatoire qu’improbable. Vapeurs de communisme, jeux de jambes et paires de bas ou collants remplissent des clichés au contexte délirant. Un érotisme grotesque donc, presque hors du temps, qu’il se plait à cultiver tout en préservant un goût certain pour le mondain et l’incorrect. Les réminiscences de l’Est apparaissent nombreuses, souvent en noir et blanc, et nous laissent entrevoir des portraits étranges, un brin « trash ». Olaf Martens aime définitivement le portrait, les poses et les décors gris de la fin du 19ème. Après avoir été publié dans des magazines de mode et de beauté, il bascule dans la pub où il travaille pour de grosses compagnies. Son site internet, bien fourni en galeries, propose également quelques interviews intéressantes à découvrir au plus vite. La suite en images. (via sex in art)
Je commence à comprendre pourquoi la copine du gamer n’apprécie pas trop le voir jouer. On se demande ce qui la dérange… L’odeur de la bière et de la pizza sur la moquette? Les fringues qui s’entassent a côté du canapé? Non, non, c’est autre chose…Et pour appréhender son point de vue, rien de tel qu’un bon miroir…ou d’un bon photographe. Philip Toledano nous donne cette possibilité. Doté d’un portfolio ma foi d’un fort beau gabarit, cet artiste anglais n’en est pas à son premier coup d’essai question expérimentation. Fonctionnant par séries tirées de constats sur les choses qui l’entourent, il nous offre une plétore de photos belles, drôles, insolites, parfois dramatiques, parfois tout en meme temps. Mais intéressons nous de plus près a une serie en particulier… Partant de l’idée de vouloir révéler la face cachée de certaines personnes, il les a tout simplement installé devant…un jeu vidéo. Curieuse démarche mais résultat garanti. Horreur, surprise, stress, amusement et délectation, toutes les sensations sont présentes et on en redemande. Un fond noir, et un eclairage direct sur ces visages crispés donneront cette impression bizarre qu’ils sortent de nulle part.. ou de nous, tout simplement. Et on a un peu peur. Peur de vraiment faire cette tête quand on explose la gueule d’un boss, ou qu’on arrive a passer cette foutue serie de pieges. J’y reflechirais a deux fois avant de lancer une partie en présence de tierces personnes. Pour jouer heureux, fragguez cachés. Quelques images dans la suite.
De surprenantes « sculptures plates ». Détraqué du ciseau et cueilleur de couleurs, cet artiste sud-coréen semble prendre un certain plaisir à jouer avec votre perception du volume. Après un passage à la peinture sur bronze, Gwon Osang plonge dans le découpage de magazines, et fait jaillir de sa précieuse collection d’échantillons des mannequins grandeur nature (et une voiture). Avec « Deodorant Type » en 1998, la photographie devient en quelque sorte la nouvelle matière de ce sculpteur à la démarche alternative. Re-construire la matière capturée par le film photo revient en un sens à imprimer ses clichés. Le résultat, particulièrement bluffant et sophistiqué, n’en reste pas moins sensible. Les figures humaines qu’il réveillent intriguent par un côté hybride prononcé et par des proportions parfois peu conventionnelles. En 2003, avec « The Flat », Gwon passe à l’accumulation et immortalise en 2D des photos de montres ou de produits de beauté (toujours piochées un peu partout), disposées dans un environnement réel. Exit l’installation, le visiteur se retrouve à présent face à representation du travail, sélectionnée et capturée par l’artiste. Si la critique s’empresse dans le pousser dans le camp des photographes, il reste formel : il s’agit là d’une sculpture simplifiée! En bouleversant les notions de matière photographique et de volume, le coréen intrigue et suscite la curiosité d’un public « piégé », l’espace de quelques secondes, par ce cross-over audacieux. La preuve dans la suite (via fabrica).
Pendant que certains démasquent les drogués des MMORPG, d’autres s’attaquent aux bloggeurs coréens. Afficionado des codes vestimentaires et des phénomènes urbains, Emil Goh tire depuis peu son énergie du célèbres réseau social Cyworld. Ce photographe d’origine malaisienne aujourd’hui basé à Séoul s’intéresse de très près à cette blogosphère asiatique qui ne ferait qu’une bouchée de Myspace. 90% des vingtenaires coréens ont leur « cyber world », 25% de la population sont membres, autant dire que la plate-forme a du succès. A la différence d’un blog classique, chaque utilisateur peut ici façonner un espace virtuel, ou « mini-room », et customizer son avatar. Véritable machine commerciale lancée par SK Communications, le service est poussé à l’extrême et il est possible d’acheter tout un tas de wallpapers, images, meubles ou items pour personnaliser et décorer sa page. Avec la série de photos « MyCy”, cet artiste a pu rencontrer plusieurs utilisateurs et découvrir leur véritable chambre. En jouant sur le contraste réel / virtuel, accenté par le côté stylisé de la représentation en pixel art, il nous invite à comparer les environnements de Woo Heung (un collectionneur de VHS), Min Ji Jo (et sa dinette typique où l’attend déjà son boyfriend), Lee Kwang Ho (tourné vers le passé et son ancien avatar), ou encore Hyun Kwang Hoon (amateur de balcons). Un regard décalé et intéressant sur les identités virtuelles et la perception que chacun cherche à donner de lui. A voir dans la suite. (via Seouluntilnow)
Le Museum of Art de Séoul met en avant les meilleurs jeunes artistes coréens. Voici donc la seconde édition de SeMA, cette fois-ci intitulée « Strangers of the City: Jungle Sunshine » et toujours découpée en 6 sections bien distinctes (Asphalt Kid, An Anonym, Nausea, Deviation, et Narrative Speaking). Riche en découvertes, cette expo met prend définitivement un point de vu assez noir, en traitant de thèmes tels que l’insécurité, le totalitarisme, la solitude et le désir de s’évader vers une autre réalité. Si l’on nous sert parfois une ville flashy et appremment mignone, la reflexion des artistes semble toute autre, et ce n’est hélas pas les descriptions en hangul qui vont nous aider à mieux cerner les choses… Un représentant de la race canine, en pleine baignade dans un bol de ramyeon vous accueille dès le premier hall. Une entrée en matière signée Eun-sun PARK un peu étrange, lorsque l’on sait que le chien fait encore partie de la cuisine coréenne. Arrivent ensuite une série de photographies de Yang Jae KWANG qui jongle habilement entre l’enfance et l’adolescence. Mise en scène travaillée et détails évocateurs font basculer ces clichés vers le sexe et la pédophilie, d’une manière plutôt malsaine et déguisée. Pendant ce temps, Yuong Joon DO transforme une accumulation de blocs en polystyrène en ours polaire géant, tandis que Kyuong LEE construit une prison géante avec des cages volantes peuplées d’humains miniatures. Yoobin JANG joue quant à lui la carte de la suggestion, où objets et peintures se font écho, révélant ainsi un certain sadisme. Jinsun OH métamorphose, le temps d’une journée, une bouche d’égoût arrosée en jardin éphémère ou en une fontaine aux voeux. On passera rapidement l’accumalation pop d’emballages de Hyejin LEE, la ribembelle de cactus de Suni LIM, et les jeux d’ombres de Sang-Yeop CHA, pour s’attarder sur l’installation interactive de Jin-A NHO. Imaginez une décharge de vieilles poupées, immobiles, devant une projection de fluide noirâtre en mouvement. Au moindre mouvement de votre part, les jouets se mettent en route dans un boucan incroyable, tentant de fuir cette fosse de plastique, avant de se rendormir. A défaut de plus amples informations, je vous invite à jeter un oeil à ces photos.