Poupées et images de guerre se mêlent à travers une photographie digitale imprimée sur de la soie. A travers « War games », récemment exposée à la galerie Stux, l’artiste grecque Lydia Venieri juxtapose la violence des conflits aux yeux innocents de mannequins d’enfants. Ce qui ressemble à première vue à de simples gros plans panoramiques de visages de poupons dissimule pourtant des images bien plus graves. Génocides, attentats à la bombe et autres scènes de dévastation tirées des archives de CNN et de la Fox ont en effet été incrustées dans les pupilles de ces figures angéliques pour mieux surprendre le visiteur. Comme figée dans des coquilles vides, cette violence déstabilise autant qu’elle intrigue, initiant un rapport mystérieux entre deux mondes clairement opposés. Un brin surréaliste, ce travail audacieux invite ainsi le public à réfléchir sur la manière dont sont souvent traités les conflits à travers les médias. Détournées par les grandes chaines, les images diffusées sur nos écrans sont en effet parfois prétextes à une propagande de guerre malvenue. Plastiquement très réussie, cette œuvre au message fort ne devrait laisser personne indifférent. (via yatzer)
Des filles à poil, natures, sans tabous ni artifices. Des nanas brutes de décoffrage, parfois touchantes, parfois trashantes. Voilà ce que nous propose le webzine photo Coolgirl365, explorant en 3 volumes des visages et des corps féminins dans toute leur splendeur. Bon c’est vrai, l’interface et la navigation du site sont une horreur, tout est pixellisé et mal foutu. Mais c’est tout juste avant l’ulcère graphique que l’on se rend compte que ce bordel ambiant sert le message et l’esprit du webzine. Dans le cas contraire le webmaster s’est pas foulé. Bref, on se délectera de ces photos de ces filles aussi pudiques que Britney est vierge, mixant une sensualité innée avec une bonne dose de dérision et de situations insolites. Illustration de ce gloubi boulga érotique? Cette charmante photo d’une petite peluche offrant un cunnilingus à sas propriétaire. Du sexe oui, mais montré avec une telle spontanéité qu’on est bien loin du cul nécessaire pour faire grimper l’audimat de TF1. Chacune des 3 issues nous propose un certain nombre de galeries à thèmes, pour autant de photographes. Des nuits de Tokyo en passant par le quotidien déjanté d’icônes féminines oscillant entre la rockstar et la paumée, tout y passe et on en redemande. Touchant. Marrant. Et tout ça avec du nu? Mais que demande le peuple?Attention, pleins d’images cochonnes dans la suite.
Quand Ken et ses amis asexués se la jouent activistes anti-bush, ça donne ça. Guerra de la Paz, studio concept éclectique porté par deux artistes américains 100% Cuba Libre, se veut être une critique de la société de consommation, de la guerre. Encore un projet lecapitalismeauxchiottesque anarchiste de jeunes artistes en mal d’inspiration? Pas vraiment. Alain Guerra et Neraldo de la Paz accusent 91 ans cumulés au compteur, et sont loins d’être des bleus dans le secteur et proposent ici une critique posée et intelligente. Un bon exemple de cette efficacité est la série de photos portant sur la guerre, mettant en scène des GIs au service de la Mère Consommation, bourrins sans neurones exarcerbant l’image de l’impérialisme américain. L’humour, omniprésent de par les situations et l’utilisation de poupées, fait prendre le recul nécessaire pour que la critique soit constructive. L’intitulé “Raising the Bar”, remplaçant l’élévation de la fameuse bannière étoilée d’Iwo Jima par un drapeau code-barres résume à la perfection l’esprit qui anime nos deux compères. Dans un tout autre esprit, les séries d’arbres faits de vêtements ou des portraits solennels de familles américaines faites de bric et de brox finiront d’achever le tableau. Leur tableau. Celui d’une amérique politiquement bancale, où la religion et le patriotisme exacerbés ne font qu’accentuer ce contraste entre ces belles photos de familles photoshopées et les horreurs commises par leurs pairs aux quatre coins du monde. A découvrir au plus vite. (Via trendsnow)
Alors que certains prônent la pureté de l’image comme représentation de la beauté et l’innocence, d’autres l’utilisent comme témoins de la superficialité de l’homme. DOU, jeune artiste russe de 23 ans, nous propose un projet aussi original que téméraire : photographier des visages nus. Mais plus que de traiter de la nudité physique, le concept consiste ici à enlever à la peau et au regard de ses modèles toute trace d’humanité, toute once de personnalité et de libre arbitre. Une façon habile de montrer qu’à force d’empiler les moules, on finit tous par se ressembler. Et ça marche. La visite de son portfolio vous mettra face à une galerie de portraits lisses, freaks aux visages poncés et polis, comme vitrifiés, érodés par la vie. Ces visages, bien qu’inexpressifs, traduisent pourtant une sensation de malaise, parfois de peur. Ces visages paraissent aussi comme étant le produit d’une réalité tangible et d’un espace virtuel, comme si les identités réelles et virtuelles se mélangeaient dans un espace neutre. Malgré peut-être un manque de maturité dans l’intention même du projet, à savoir l’uniformisation de la société, déjà traité à tort et à travers, le concept et sa réalisation parlent d’eux même et ne laissent pas le spectateur indifférent. La cerise sur le gâteau? Les tirages sont effectués grâce au procédé DIASEC, permettant à la photo de garder sa qualité originelle pendant un siècle entier… Un moyen fort d’appuyer ses idées, et de projeter ces visages dans l’avenir…
Timur Akhmetov et Yulia Yakushova lancent une grande opération vide-poches. « Face your Pocket » invite les internautes à dévoiler tous les petits objets qu’ils trimballent dans leurs sacs, vêtements ou poches kangourou. Après « TouchMe », voilà une nouvelle occasion de passer à la photocopieuse (ou plutôt au scanner), puisque ces jeunes artistes russes insistent pour que les propriétaires apparaissent sur les images capturées. Récoltant ces A4 comme de véritables trésors, ils exhibent déjà leur collection sur le site web dédié à cet étonnant projet collaboratif. Curiosité et voyeurisme soft planent donc au dessus de ces autoportraits spontanés pour certains, et mis en scène par d’autres. Si le concept a souvent été traité dans l’art, la dimension réseau permet ici aux participants de véritablement soigner leur travail et de démultiplier les contributions. La matière générée n’en est donc que plus riche et intéressante à décrypter, à tel point qu’on ne serait pas surpris les retrouver à travers un ouvrage. Récemment ouvert au public anglophone, on regrettera néanmoins que les listes qui accompagnent chaque photo soient le plus souvent en russe ! Ce mini-clichés feraient en tout cas d’excellents avatars web… (via notcot)