Devenu acteur clé de l’industrie culturelle, le jeu vidéo est aujourd’hui reconnu comme un moyen d’expression à part entière, et une source d’inspiration pour toutes les formes d’images contemporaines. À la découverte des relations privilégiées qu’il entretient avec le cinéma, Paris Cinéma consacre plusieurs évènements aux convergences entre les deux médias, évidentes ou plus souterraines… Du 29 au 11 juillet, vous retrouverez donc dans la Zone Versus une zone interactive, pour connaisseurs et néophytes, proposant de découvrir et de jouer à une sélection de jeux emblématiques des passerelles cinéma / jeux vidéo, du plus cohérent au plus farfelu, du plus ancien au plus récent, de la Nes à la XBOX 360 en passant par le CD-i ou la 3DO. Au programme: King Kong, Ghostbusters, Da Vinci Code, Le Parrain, Tron, Platoon, Moonwalker, mais aussi Resident Evil, Metal Gear Solid, Lost Eden, Atlantis, Dragon’s Lair … Et ce n’est que le début, ce festival réserve bien des surprises! Les détails sont dans la suite (conférences & machinimas inside).
Deviation, c’est le nom d’un court métrage décalé, utilisant le célèbre mod Counter Strike. Jon Griggs, réalisateur de la machinima se vente d’avoir filmé sa machinima en ligne, avec des acteurs qu’il n’avait jamais rencontré. Il faut dire que le médium reste encore pour beaucoup expérimental, mais cette comédie noire, qui vous propulse aux côtés de Macintyre, mérite largement sa place à la finale du Tribeca Film Festival. En pleine mission dans cs_militia, le dit contre-terroriste s’apprête à bouleverser le déroulement de l’attaque menée par son esquadron… C’est ainsi que les 4 joueurs vont s’interroger en plein tunnel et peut être bouleverser le cours de l’inexorable cycle de la violence… Une répresentation de la remise en question pour le moins innatendue, et formulée de manière presque dramatique dans un univers virtuel en totale opposition avec cette “deviation“. A voir d’urgence, pour son minimalisme efficace et ses quelques répliques incontournables.
Le long métrage de la machinima dévoile son deuxième épisode. Tandis que l’incursion progresse, le novice Jered découvrir la puissance de la magie du sang. Il ne tardera pas de se faire remonter les bretelles par le chef des méchant moines noirs, après une balade sur un escalier géant (qui n’est pas sans rappeler le pont de Shadow of the Colossus) sur un fond de Punk Rock: “I wanna be a rock star”. 7 courtes minutes, générique inclu, à télécharger par ici. Les curieux en profiteront pour découvrir le choix des réalisateurs pour le moteur vieillissant de NWN. Avouez que Bloodspell sur Oblivion, ça aurait tout de suite été autre chose. Avis au fanboys, les créateurs en action sont sur cette page.
BloodSpell, la plus grosse machinima jamais créée est disponible! On en parlait déjà il y a plusieurs mois, et bien le premier épisode, d’une durée de 8 minutes, a été diffusé le 26 avril dernier. Dirigé par Hugh Hancock, fondateur de machinima.com, ce long-métrage atypique a demandé près de trois ans de travail! 100 nouveaux personnages, 7 000 assets , 10 000 heures de boulot, il faut dire qu’on y croyait à peine. A peine démarré, le film vous propulse dans le monde de “BloodSpell”, où le sang de certains élus véhiculent la magie. Ne vous étonnez donc pas s’ils s’ouvrent régulièrement les veines, c’est pour mieux lancer un sort. Evidemment, ils n’auraient pas besoin de se défendre si l’église des anges, composée exclusivement de fanatiques, ne mettait pas toute leur energie à les chasser. Le tout dégage une ambiance totalement cheap, étonnament proche de Thunderbirds, accentuée par du punk rock qui va et vient suivant l’action. La forme est du coup en décalage complet avec le fond. Je m’attendais à un film sérieux à la The Return, et on me sert de la baston moyenâgeuse rock’n'roll. Le reste est techniquement bluffant… A vous de voir.
Entre dealing d’assets et tuning videoludique, voilà qu’émerge de détournements successifs une tripotée de nouvelles pratiques artistiques. Le meilleur s’appelle game-art et machinima, et vous pouvez remercier les studios de création d’avoir rendu publiques les clés de leur vache à lait polygonale car ces erstaz méconnaissables font les tendances d’aujourd’hui. Non mais qui a dit qu’on ne faisait plus que jouer?
Nolan Bushnell l’avait prédit, vous êtes chaque jour plus nombreux à tâter du pad (oui, même vous mesdames), et ce n’est pas l’avalanche des consoles nouvelles générations (portables hype incluses) qui va arranger les choses. Chatière mal fermée, meurtrière sans rideaux, vitrail coulissant, on ne sait pas trop par où, mais le jeu vidéo a investi vos chaumières et ce n’est pas une raison pour boucher vos cheminées. La faute aux nouveaux aduslescents qui ont mordu à l’hameçon des marketeux et aux techno-travellers avides de multi-joueurs. Eh oui, grâce à la démocratisation du haut-débit, le jeu vidéo fédère des mosaïques communautaires comme personne, mais rencontre paradoxalement une crise sans précédent. Avec des budgets à faire frémir la Time Warner, il faut dire que l’industrie a du mal à s’en sortir. La faute au piratage paraît-il. Du coup, pas question de prendre le moindre risque : on préfère vous servir des éditeurs de niveaux sous-documentés censés vous permettre d’allonger la durée de vie du titre, en mettant vous-même la main à la pâte. Coup de bol, ça marche.