Entre infoart et infoviz, le dernier Ben Fry vous propose de visualiser d’une manière bien particulière le code de plusieurs jeux Atari 2600. Il nous servait déjà les excellents dismap et mariosoup il y a quelques temps, et voilà qu’il remet ça avec ce nouveau sketch Processing (forcément). Comme dans beaucoup d’autres jeux consoles, les cartouches d’Atari 2600 contiennent du code à la fois exécutable et combinable avec des données. Généralement, il se planque dans des tableaux en assembleur et sont bourrés de d’itérations et de « go to » qui pointent évidemment vers une autre portion de code. Vous l’aurez compris, tout ça devient une matière première incroyablement riche pour Ben Fry, qui propose donc sa propre représentation visuelle. Du coup, quand un byte de données (1 kilo octet (Ko) vaut 2 puissance 10 soit 1.024 octets ou byte et 8.192 bits) est trouvé dans la cartouche, il se retrouve matérialisé par une ligne orange (un block pour un « 1″, et un point pour un « 0″). Vous suivez? Commencez donc par jeter un oeil aux images générées. Vous verrez qu’une ligne est composée de 8 éléments, formant un byte. En clair, cela signigie que les images sont visibles en entier pendant une partie lorsque la ligne est complète! Les sprites étaient en effet souvent stockés à l’envers via des méthodes de programmation obscures que je ne saurai expliquer. A la base, les images font 13×19″ et on pouvait lire chaque bits de texte mais le bonhomme a ensuite modifié une version de Distella (un désassembleur) afin de ressortir du texte dans le format qu’il souhaitait. Pour finir, l’image finale a été générée via un sketch Processing. Ouf! Si au final le résultat n’est pas forcément époustoufflant, la démarche est réellement intéressante. On est d’ailleurs plutôt amusé de voir que certains jeux semblent particulièrement simplistes au vu du code, tandis que certains, d’apparence beaucoup plus complexes, multiplient les destinations. Et oui, plutôt balaise le Pong! Les six répresentations de Distellmap sont disponibles ici ou dans la suite.
VisitorVille révolutionne l’analyse du traffic de votre site web. Les histogrammes et les camemberts de Google Analytics vous débectent? Laissez tomber les graphiques compliquées et les chiffres à tout va, le service de World Market Watch propose des métaphores visuelles intéressantes. Place à la 3D, et à une ville géante (ou pas). La fonction est la même, mais le résultat bien plus créatif et intuitif! Une fois le logiciel VisitorVille installé, vous découvrirez un univers virtuel ou chaque visiteur est représenté, non pas par un nombre, mais par un modèle 3D. En clair, chaque surfeur apparaît pour de vrai et il est ainsi bien plus aisé de se rendre compte de l’affluence sur votre site! C’est complètement barré, des péquins débarquent via des cars de referrers (les adresses qui pointent vers une de vos page) et les gratte-ciels poussent en fonction de votre contenu. En clair, on retrouve toutes les fonctionnalités des concurrents, mais à une sauce plutôt étrange. Pour ceux qui sont encore sur un pc antique, une version 2D est même disponible. Revers de la médaille, le service est payant! Le « serious fun » annoncé ne sera possible que si votre site est hébergé sur les serveurs de la compagnie (hosted mode) ou si vous arrivez à importer vos logs Apache (le fichier de votre serveur http qui enregistre toutes les requêtes) . Forcément, ça rend la chose moins accessible. On se contentera de ces quelques vidéos. J’ai peur que oui. Des screens dans la suite.
Si un jour on m’avait dit que Google pouvait illuminer mes nuits…Trip mégalo ou simple analyse formelle pour les gourous des labos de Big Brother? En tous cas, cette activity map a été générée pour présenter, sur une journée, l’intensité des recherches lancées sur Google, par tranches d’une heure. Et ça nous donne quelque chose d’assez réussi, le flux des requêtes évolue avec la course du soleil. On entend presque le woooosh qui accompagne la vague! Ceci n’est pas du generative art, non, c’est de l’infoviz, mais on frôle le happening numérique et inconscient. On pourrait alors se dire que finalement, on a tous un peu participé à la chose. Je vois déjà les gros titres : »Le 14 Août 2003, les internautes se sont donnés rendez vous pour former la plus grande oeuvre d’art virtuelle jamais créée. » Ca s’allume et ça s’éteind dans tous les coins et on ne peut que regreter une représentation si basique et pauvre. Qu’importe, ce bon gros pdf livre tout un tas de détails intéressants sur la démarche et la réalisation. Au passage, on remarque même quelques petits points qui s’illuminent en plein milieu de l’océan. Sûrement un touriste mécontent qui cherchait le numéro de son travel agent pour gueuler… A noter également que les cadres de Tokyo devaient être sacrément à la bourre ce jour là, parce que le nombre de recherches n’a pas diminué d’un poil, restant au maximum enregistré. Au pays du soleil levant, y’a bien que lui qui se couche… Un malheureux screen dans la suite, pour les archives.
Coverpop, la nouvelle dérive de la Million Dollar Home Page mixée à de l’infoviz commence son invasion. On en parlait déjà ici, avec les couv’ du magazine Mad, sauf qu’on avait oublier d’aller faire un tour à la racine. C’est chose faite à présent, avec la (re)découverte, pour certains, de ce script (perl intégré en flash) qui sert à présent plutôt bien le marketing et la pub. On retrouve tout un tas de fouillis de livres et magazines (il faut regarder à droite dans le menu, sous le nom de la catégorie), de CD et DVD, d’instruments de musiques, des machins censés être funs (mention spéciale à la page des sextoys) pleine de dildos) des sélections de cadeaux. Ca parse à gogo donc dans cette application qualifiée de « pièce artistique unique », de « jouet numérique » ou de manière amusant de faire son shopping. Car derrière cette jolie visualisation d’objets à vendre sur différents sites d’e-commerce, Jim Bumgardner empoche des commissions à chaque achat ou clicks. De la pub sans se fouler en quelque sorte. Le concept est bien rodé, puisque le bonhomme vous propose même d’intégrer gratuitement les « cover pop » sur votre propre site, enfin presque, il récupère 50% de vos revenus. Pas con.
Manhattan Timeformations est un projet de l’architecte Brian McGrath et du designer Mark Watkins, qui date de 2000, mais qui mérite qu’on parle de lui tant il est novateur (pour l’époque). L’équipe s’est chargée de dresser une carte multi-calques du quartier de New York qui tienne compte à la fois de l’espace (normal jusque là) mais aussi du temps. Un maximum de données historiques, géographiques et économiques ont donc été superposées et sont présentées dans un programme en 3d filaire. Ca ne couvre que la moitié inférieure de l’île, mais ça permet de suivre l’élévation progressive des bureaux, ceux qui viennent bouffer l’horizon depuis le centre de Manhattan. Le site officiel (cliquez sur launch) ne propose qu’une doc interactive limitée, du coup on peut difficilement juger de l’interactivité possible avec le data model mais on nous sert quand même quelques mini-mini-animations. Le potentiel est là, et ça donne envie de le voir pour de vrai. Leur boulot a évidemment reçu plusieurs prix (d’Ars Electronica) et a déjà été exposé au Skyscraper Museum à NY. Dommage qu’il y ait si peu de détails croustillants sur la démarche et la technique. Screens dans la suite, as usual (vu sur generatorx)