Un jardin virtuel qui se nourrit de vos actions. Imaginé et réalisé en 2006 par Julian Oliver, cet univers aléatoire en 3D se nourrit du trafic internet que vous générez. Ce petit programme capte en effet les infos qui transitent par une tripotée de protocoles (http, pop, ssh, ftp …) et s’en sert pour bâtir un monde virtuel. Sites web, jeux en réseau, messageries instantanées, logiciels P2P, tout est capté et enregistré pour finalement se transformer en joyeuses plantes vertes. Des collines et des vallées, dont l’emplacement dépendra entre autre des adresses IP, viendront également égayer une planète privée unique et insolite. S’appuyant sur le réseau, Packet Garden n’est pas pour autant à cataloguer dans le rayon du net art, puisqu’il se limite à une dimension locale. Un nouveau monde sera généré chaque jour, et vous resterez le seul à pouvoir l’explorer en détails… Certains diront que ce « datagoodie » est parfaitement inutile, d’autres qu’il donne sens de manière poétique aux données désincarnées qui transitent sur nos machines. A vous de trancher !
Actuellement à l’affiche de toute la blogosphère française, Robert Hodgin (aka Flight404), n’en fini plus d’épater les internautes. Sa « magnetosphere », développée depuis plusieurs mois, est une application en temps réel qui réagit aux sons et pioche allégrement dans les fonctions OpenGL de Processing. Véritable outil de VJing, elle permet de générer de la 3D pleines de particules et d’ « additive blending » (technique de transparence qui permet aussi de créer du « glow ») en rythme avec la musique. Techniquement irréprochable, le programme gère en dynamique des magnétismes et des champs de gravités à couper le souffle… Plusieurs rendus vidéos sont disponibles sur le site de l’artiste / programmeur (avec plusieurs musiques donc), mais c’est bien sûr la dernière performance avec le DJ Trentemoller qui est la plus impressionnante. Et pour cause, Hodgin a ici exporté les images frames par frames en gonflant le nombre de particule et en a sorti cette vidéo haute résolution. Cette dernière version n’est donc pas en temps réel, mais l’application reste un projet « live » qui tourne de manière tout à fait fluide jusqu’à 150 particules. Et parce que j’en ai assez de lire tout un tas de conneries sur Processing, je finirai par dire que un environnement ET un langage de programmation open source dédiés aux créatifs qui souhaitent générer des images, des animations ou du son par le code. C’est à la fois un outil d’apprentissage des fondamentaux de la programmation, une alternative à des logiciels payants comme Flash et Max/Msp, et un merveilleux jouet pour tous les passionnés de l’art numérique et du « generative art ».
Karsten Schmidt, aka Toxi, bien connu de la communauté Processing fait du viral avec la dernière Audi. C’est Universal Everything qui a produit cette courte publicité en Australie, où l’on voit devine les contours de la voiture. Si certains parleront d’abstraction minimaliste de l’imagerie de l’automobile, d’autres évoqueront un tunnel aux courants d’airs un brin particuliers. Rappelons que tout ce que vous verrez sur la vidéo est généré par le code, et s’offre même une version HD. Pendant que Matt Pyke (concept et direction artistique) prépare un making of, Toxi continue de plancher sur une version interactive de l’applet. A suivre donc. (via pixelsumo)
SWISS ROLEX, CHEAP BVLGARI, V1AGRAA, vous en avez plein vos comptes mails, et ils vont enfin servir à quelque chose. Rares sont les internautes qui n’ont pas droit à leur dose de spam (pas le paté, le pourriel) chaque matin dans leur boîte aux lettres électronique. Plutôt que de s’évertuer à les effacer, les gens de EnBw, l’une des plus grosses sociétés allemandes fournissant du courant, ont pris l’habitude de les recycler. Sur spamrecycling.com, vous pouvez vous aussi vous la jouer écolo et transformer vos e-déchets en joli wallpaper autogénéré. Le concept est on ne peut plus simple : on emballe soigneusement le contenu des mails non désirés et on balance tout sur spam@spamrecycling.com. Le serveur vous répond et vous invite à charger le site, qui s’empresse de traiter le contenu du mail. Une tripotée d’algorithmes visiblement codés en Action Script prennent le relai et vous propose un feu d’artifice de lettres et d’effets (que vous pourrez vous repasser à l’infini). Au final, de l’indésirable surgit une composition graphique forcément réussie et à chaque fois différente. Les mots et les images prennent vie et évoluent donc à leur guise, et ce n’est qu’après votre véto que leur écosystème marquera une pause. Vous repartez avec un jpg à la taille de votre choix et le sentiment qu’EnBw a réussi sa campagne de marketing viral. Je vous demanderai de ne pas retirer cette phrase de son contexte, mais j’ai fait le test avec du viagra et ça marche! Notez que par pur hasard, le résultat ressemble à l’appareil génital féminin… Bref, rendez le web plus beau, à défaut de le rendre plus propre et vous finirez peut être à l’exposition organisée prochainement par EnBw. (merci matt)
Un programme qui encode des textes en binaire et représente visuellement le code: c’est Waste Land. Waste Land, c’est aussi le nom d’un poème de T.S. Eliot, dont Sai Sriskandarajah , à l’origine du projet, semble particulièrement fan. La tapisserie qu’il a fait naître n’est pourtant qu’une suite de données, les carrés correspondant à des 1 ou des 0. Puisqu’il faut cinq valeurs pour écrire un chiffre, le poème est donc plutôt difficilement déchiffrable… Le système est pourtant simple, et se pose comme une interprétation symbolique et décalée de ce “chef d’oeuvre de la littérature occidentale”. L’expérience est à la fois familière et nouvelle, puisqu’elle soulève la thématique du raccordement entre le texte et l’image ainsi que de la manière dont on peut représenter visuellement des données. Le programme, appremment assez flexible, mouline sous Processing. Après 40 heures de rendu, il faut dire que le résultat est plus que convaincant. Epileptiques s’abstenir. (via Infosthetics)