Assistez à la drôle résurrection du 8-bits ! Auteur, illustrateur et plasticien de 27 ans, Artizarnal se plait à croire qu’il est l’actuel détenteur exclusif des droits d’Eight Bits Boy, un jeu vidéo développé au milieu des années 80 qui aurait d’ailleurs inspiré Super Mario Bros… Derrière ce délire d’artiste se cache une exposition organisée par Artoyz, où les retrogamers et les fans de toys devraient trouver leur compte. Niveaux de jeu réalisés en gommettes, poupées et autres animations flash donnent donc une seconde vie à ce personnage utopique. Un univers riche et coloré à voir du 1er au 31 Mars à Paris.
L’ « Afterparty » de l’expo I’ve Been Waiting for You est déjà disponible. J’en parlais juste en dessous, le dispositif de capture video installé à l’entrée de la galerie TRIAD (Séoul), surfant sur les notions de passage et d’avant/après, nous livre déjà son premier mashup. Vous pourrez découvrir les allers et venus des piques-assiettes de cette soirée de vernissage, via une vidéo postée sur le blog de Fabrica et montée par Oriol Ferrer Mesià. A noter qu’un petit groupe de français n’a rien trouvé de mieux que de faire les cons avec des stickers « regarde ». What a shame. Voir la vidéo.
« I’ve been waiting for you. » est une exposition qui requiert votre participation. Faut-il encore présenter la cellule de recherche made-in-Benetton la plus grosse d’Europe ? Avec ses 7 départements, autant dire que Fabrica n’en est pas à son premier projet. Oscillant entre expérimentations artistiques et enjeux commerciaux, la démarche de cette institution élitiste n’en finie plus de faire parler d’elle. Six de leurs installations interactives, réalisées par une poignée d’artistes de nationalités différentes, sont actuellement exposées à la galerie d’art numérique TRIAD à Séoul (jusqu’au 17 décembre). Soulevant les thématiques des relations œuvre/artistes/public (mélangez dans tous les sens), ces travaux évoquent aussi les possibilités qu’offrent les nouvelles technologies et les réseaux. Au programme, « Afterparty », un dispositif d’enregistrement vidéo, activé par un capteur de mouvement, qui trouve tout à fait sa place à l’entrée de l’espace. Chaque nouveau visiteur a en effet la possibilité de laisser une trace de son passage, plus ou moins consciemment, ou de visionner les séquences des autres, jouées en boucle. « We are the time. We are the famous » remet le couvert et joue la carte de la capture vidéo. D’un côté, une image projetée qui n’est nette que si vous ne bougez pas, de l’autre, la mosaïque d’une séquence enregistrée à la volée, jouée à quelques millisecondes de décalage. Vidéo, perception de soi, latence, temporalité, Dan Graham n’est décidemment pas très loin. A croire qu’il a troqué ses télés et son caméscope pour deux projos, une paire de webcam et quelques capteurs. Revendiquées participatives, ces installations développent pourtant une interactivité extrêmement limitée. L’intérêt relève finalement plus du résultat final (toutes les séquences mises bout à bout) que de l’intervention individuelle, pas vraiment jouissive. On retrouve le même problème dans « Remote », une application techniquement très réussie, qui génère rythmes et mélodies en fonction des changements repérés sur les images des webcams streamées du monde entier. C’est du temps réel, c’est agréable à écouter, c’est pilotable via un joli clavier, mais c’est particulièrement frustrant. Jusqu’à quel stade le public a-t-il vraiment l’impression de prendre part à l’œuvre et d’y exercer son contrôle ? Pour le coup, le péquin moyen est malheureusement plus figurant qu’acteur de l’installation. A l’inverse, « Local Channels » ne pourrait évidemment pas fonctionner sans l’audience. A l’instar d’une chaine de télévision, dont le contenu (images et vidéos) doit être uploadé par les visiteurs (via leur téléphone portable), ce dispositif est plutôt réussi. On retrouve également avec surprise « Flipbook ! », l’appli d’animation image par image que vous connaissez tous, qui marche toujours aussi bien, et l’excellent « We Feel Fine ». Ce dernier big brother des blogs, véritable tuerie du genre, ne tournait malheureusement que dans une version slide-show, mais on ne manquera pas de vous en reparler en détail dès demain. Pour plus d’informations, jetez un œil sur le site dédié, ou sur celui de la « TRIAD New Media Gallery ». Quelques photos de la fin du vernissage dans la suite…
Gamerz réuni dix jeunes créateurs français à travers une exposition transdisciplinaire et expérimentale, évidemment inspirées par le jeu vidéo. Au programme, une mise en relation de la création contemporaine avec la prog’ informatique, via des installations, vidéos ou performances où l’expérience utilisateur propose une bonne dose d’interactivité. Sans surprise, on retrouve les habitués de la fête foraine Eniarof, qui remonte d’ailleurs le chapiteau vidéoludique pour deux jours, à l’école d’art d’Aix-en-Provence, que les visiteurs de l’espace Sexlius auront un peu plus de temps pour découvrir … virtuellement. Bastien Vacherand proposera en effet de faire sauter son école via une map Counter Strike : Cyber_Dardaix (aka We make terrorism not art) et de recréer une relative prise d’otages. Dardex, le collectif cette fois, sera également de la partie avec Mort2faim, pour présenter leurs travaux, explorant souvant une certaine esthétique du chaos et une sensibilité à l’univers 8bits. On peut attendre de ces activites performeurs une poignée de lasers et de vidéos. De son côté, Jankenpopp maltraite de la cartouche NES avec son « Super Mario Too Much Mushroom » jusqu’à rendre l’aventure du plombier italien totalement méconnaissable. Si le jeu reste parfaitement jouable, l’univers visuel et sonore devient totalement psychédélique (l’abus de champignons n’est pas bon pour la santé). Pour rester dans les classiques, Djeff Regotazz propose un « vidéo pong », version enrichie du célèbre jeu d’arcade, où vous contrôlez les raquettes via deux potentiomètres. En fonction des actions, des images apparaîssent sur la zone de jeu, et le game play s’associe à l’écriture vidéo. A ne pas louper également, le « faces generator » de Christophe Martin, les installations d’Adelin Schweitzer, les « videogames landscapes » d’Aurélien Boyer, le Webuzzle de Stephane Kyles et le « favorite landscape » de Paul Destieu. Ca commence le 1er décembre, ça fini 7 jours plus tard, ça coûte 1 dé 6, et vous pourrez retrouver tous les détails sur ce pdf obèse.
Une belle dissonance, une joyeuse consonance, un drôle de festival. Lorsque les coréens décident de construire un village 100% dédié à l’art et la culture, et de devenir LE spot du moment (le « Pan« ), ils n’y vont pas de main morte. Entre les chantiers omniprésents, et la signalétique inexistante, une demi-douzaine des galeries implantées à Heyri ont ouvert leur porte aux visiteurs venus « admirer et apprécier » les travaux d’artistes principalement asiatiques. Concerts, performance, installations, peintures, sculptures, c’est un véritable crossover que nous propose les organisateurs de ce festival. Entre deux visites, on croise un t-rex en plastique, un char en mousse vert, avant de s’attarder sur les travaux trendy ultra-chargés d’un coréen au nom encore indéchiffrable, mais qui n’est pas sans rappeler les compos d’E-Boy (version sketch). Traits fins et contrastes atténués (quand il ne s’agit pas de noir & blanc) pour des univers complètement décalés, fourmillant de détails: on y chercherait presque Charlie. On continue avec la profusion avec les tableaux sauce vecto de Klaus Haapaniemi, artiste designer d’origine finlandaise plutôt populaire en Asie. Son style à la fois « baroque, enfantin et hallucinogène » mêle fleurs multicolores et étranges créatures. Ces motifs un peu naïfs, répétés à tout va, squattent déjà les intérieurs lounge lorsqu’ils ne sont pas de sortie dans les grands défilés de mode. On chute enfin dans le minimalisme avec plusieurs installations sonores dont le nom m’échappe encore. Des CDs bruyants vous attendent déjà dans l’escalier qui mène à la salle d’expo, et pour peu que vous leur chuchotiez quelque chose, ils seraient capables de le répéter un peu plus tard, à travers une mixture sonore assez plaisante. Tendez un peu plus loin l’oreille vers les fenêtres traditionnelles, et vous entendrez peut être un peu mieux les intriguant murmures de la nature. Restent le classique tapis à bruits, et l’insolite discussion d’ordinateurs, qui amuseront plus que ne surprendront. A défaut d’une documentation en anglais et de ressources supplémentaires, je ne saurais vous proposer que ces quelques photos prises sur place.