Que se passe-t-il quand des jeux vidéo deviennent, des médiums permettant à des artistes de créer, quand des artistes investissent les univers virtuels et le réseau? Posée pour la deuxième année consécutive, cette question provoque une nouvelle fois un véritable chantier artistique autour du jeu ! Réunis par l’association M2F Créations autour d’une exposition de quinze jours, vingt créateurs européens dévoileront bientôt leurs travaux, expérimentations et détournements à la sauce vidéoludique. Installations interactives, homebrews, productions plastiques, vidéos, performances et autres shows excentriques sont donc au programme de cet événement déjanté, mêlant création contemporaine et technologie. On retrouvera avec plaisir Antonin Fourneau, qui présente avec Manuel Braun « Patch & KO », une version décalée de « Street Fighter », où la manette est remplacée par une bille déferlant sur une planche à clous. A voir également, le « Pong » sonore de Benjamin Cadon et Philippe Coudert, le « Miroir 8 bits » et l’excellent « Cass-Brik-Tekno » du collectif Dardex-Mort2faim, le module surprise de Servoslave et les films de Sylvain Huguet. Plus tangibles, mais tout aussi fascinants, les guns en carton de Sylvie Réno, le « Cube & pad » de Manuel Braun et la représentation en volume de « Tétris » de Damien Aspe ! Ne manquez pas non plus Sidabitball et ses remixes de Brassens et Moussorgski à la sauce 8 bits, ainsi que la performance de Jankenpopp, lors de la soirée d’inauguration. Prévus à partir de 20h30, les concerts auront lieu le 15 janvier l’amphithéâtre de l’école supérieur d’art d’Aix-en-Provence. L’exposition ouvrira quant à elle ses portes le même jour, à l’Espace municipal d’art contemporain Sextius d’Aix-en-Provence, et ce jusqu’au 27 janvier. Plus de détails sur le site de l’événement.
Le représentant de la nouvelle culture nippone expose au musée d’art contemporain de Los Angeles. Takashi Murakami est sans aucun doute l’un des artistes japonais les plus populaires aujourd’hui. Fondateur de la « Hiropon factory », ce quadragénaire diplômé l’université des beaux arts de Tokyo est fasciné par la culture « oktaku » et l’imagerie « kawaii » des mangas. Il cristallise dans ses travaux un mélange de sous culture, de consumérisme ou de fétichisme sexuel qui fascine et choque parfois les occidentaux. Souvent comparé à Andy Wahrol, il se nourrit en effet d’une « low culture » qu’il remodèle à travers des Å“uvres d’art aux prix exorbitants, et décline sous forme de peintures, sculptures, vidéos, t-shirts, porte clés, peluches ou même des sacs à main Louis Vuitton ! Il s’exporte d’ailleurs d’abord à l’étranger, frustré par la sclérose du marché artistique nippon d’après-guerre. Avec ses motifs de champignons, ses fleurs multicolores et ses yeux étranges, Murakami donne donc dans les années 90 un coup de jeune à scène contemporaine japonaise… Plus de 90 de ses travaux sont en ce moment rassemblés à MOCA, offrant une perspective inédite sur l’intégralité de sa carrière. Le maître commente d’ailleurs un anglais approximatif quelques une des Å“uvres exposées, à travers plusieurs vidéos proposées sur le mini-site de l’événement. Je ne saurais que trop vous conseiller de commander le catalogue de l’exposition, qui deviendra sans doute un « must-have » pour tous les fans de culture nippone. En attendant la livraison, jetez un Å“il au report de ce blog et aux photos déjà sur flickr…
Assistez à la drôle résurrection du 8-bits ! Auteur, illustrateur et plasticien de 27 ans, Artizarnal se plait à croire qu’il est l’actuel détenteur exclusif des droits d’Eight Bits Boy, un jeu vidéo développé au milieu des années 80 qui aurait d’ailleurs inspiré Super Mario Bros… Derrière ce délire d’artiste se cache une exposition organisée par Artoyz, où les retrogamers et les fans de toys devraient trouver leur compte. Niveaux de jeu réalisés en gommettes, poupées et autres animations flash donnent donc une seconde vie à ce personnage utopique. Un univers riche et coloré à voir du 1er au 31 Mars à Paris.
L’ “Afterparty” de l’expo I’ve Been Waiting for You est déjà disponible. J’en parlais juste en dessous, le dispositif de capture video installé à l’entrée de la galerie TRIAD (Séoul), surfant sur les notions de passage et d’avant/après, nous livre déjà son premier mashup. Vous pourrez découvrir les allers et venus des piques-assiettes de cette soirée de vernissage, via une vidéo postée sur le blog de Fabrica et montée par Oriol Ferrer Mesià . A noter qu’un petit groupe de français n’a rien trouvé de mieux que de faire les cons avec des stickers « regarde ». What a shame. Voir la vidéo.
« I’ve been waiting for you. » est une exposition qui requiert votre participation. Faut-il encore présenter la cellule de recherche made-in-Benetton la plus grosse d’Europe ? Avec ses 7 départements, autant dire que Fabrica n’en est pas à son premier projet. Oscillant entre expérimentations artistiques et enjeux commerciaux, la démarche de cette institution élitiste n’en finie plus de faire parler d’elle. Six de leurs installations interactives, réalisées par une poignée d’artistes de nationalités différentes, sont actuellement exposées à la galerie d’art numérique TRIAD à Séoul (jusqu’au 17 décembre). Soulevant les thématiques des relations Å“uvre/artistes/public (mélangez dans tous les sens), ces travaux évoquent aussi les possibilités qu’offrent les nouvelles technologies et les réseaux. Au programme, « Afterparty », un dispositif d’enregistrement vidéo, activé par un capteur de mouvement, qui trouve tout à fait sa place à l’entrée de l’espace. Chaque nouveau visiteur a en effet la possibilité de laisser une trace de son passage, plus ou moins consciemment, ou de visionner les séquences des autres, jouées en boucle. « We are the time. We are the famous » remet le couvert et joue la carte de la capture vidéo. D’un côté, une image projetée qui n’est nette que si vous ne bougez pas, de l’autre, la mosaïque d’une séquence enregistrée à la volée, jouée à quelques millisecondes de décalage. Vidéo, perception de soi, latence, temporalité, Dan Graham n’est décidemment pas très loin. A croire qu’il a troqué ses télés et son caméscope pour deux projos, une paire de webcam et quelques capteurs. Revendiquées participatives, ces installations développent pourtant une interactivité extrêmement limitée. L’intérêt relève finalement plus du résultat final (toutes les séquences mises bout à bout) que de l’intervention individuelle, pas vraiment jouissive. On retrouve le même problème dans « Remote », une application techniquement très réussie, qui génère rythmes et mélodies en fonction des changements repérés sur les images des webcams streamées du monde entier. C’est du temps réel, c’est agréable à écouter, c’est pilotable via un joli clavier, mais c’est particulièrement frustrant. Jusqu’à quel stade le public a-t-il vraiment l’impression de prendre part à l’œuvre et d’y exercer son contrôle ? Pour le coup, le péquin moyen est malheureusement plus figurant qu’acteur de l’installation. A l’inverse, « Local Channels » ne pourrait évidemment pas fonctionner sans l’audience. A l’instar d’une chaine de télévision, dont le contenu (images et vidéos) doit être uploadé par les visiteurs (via leur téléphone portable), ce dispositif est plutôt réussi. On retrouve également avec surprise « Flipbook ! », l’appli d’animation image par image que vous connaissez tous, qui marche toujours aussi bien, et l’excellent « We Feel Fine ». Ce dernier big brother des blogs, véritable tuerie du genre, ne tournait malheureusement que dans une version slide-show, mais on ne manquera pas de vous en reparler en détail dès demain. Pour plus d’informations, jetez un Å“il sur le site dédié, ou sur celui de la « TRIAD New Media Gallery ». Quelques photos de la fin du vernissage dans la suite…