Inspiré par Lewis Carroll, un étudiant chinois reproduit le jardin de fleurs vivantes d’ « Alice au pays des merveilles ». Que nous diraient les plantes si elles pouvaient parler ? Nombreux sont les auteurs qui ont déjà imaginé une mère nature parlant notre langage, mais peu se doutaient qu’elles pourraient un jour nous murmurer des mots doux! C’est pourtant ce que font les arums de Jin Yan dans « Whisper », une installation sonore composée de 9 fleurs aux gémissements un brin sexuels. Approchez vous, tendez l’oreille, et vous entendrez peut être -via les enceintes dissimulées sous les pétales- une voix féminine prononcer quelques phrases érotiques. Un parti pris pour le moins déroutant, mais pourtant cohérent avec l’essence même des fleurs : attirer les abeilles ! Intimité, promiscuité et séduction gravitent donc autour de cette œuvre minimaliste, qui aura marqué le public de la « Yahoo Design Week » de cet été. Comme quoi, une interaction même limitée est parfois suffisante. A découvrir en vidéo sur le site de l’artiste.
Minimaforms se réapproprie le mythe du Cerbère pour créer une installation interactive pour le moins bestiale. Avec « Becoming Animal », une performance collective confrontant le public à un « Kerberos » à trois têtes, le studio des frères Spyropoulos a fait sensation ! Présentée cette année au festival anglais « Faster than Sound », cette performance collective inédite semble à la fois déroutante et fascinante. L’entrée du building K9, investie par ces artistes designers, s’est retrouvée transformée en sas bien gardé par un gardien des enfers assez particulier. La créature de la mythologie grecque est en effet ici représentée par trois acteurs masqués, et complétée d’une représentation 3D « générale », projetée sur un écran. Face à cette mise en scène très réussie, le public n’a d’autre choix, équipé d’un masque en papier, que de jouer les animaux et de filtrer avec les têtes du cerbères… Ce jeu de séduction, mêlant théâtre et interactivité, déclenchera des sons et influera sur la représentation filaire de l’animal. Plutôt avare de détails, le site du projet n’évoque qu’un déclenchement d’événements -en fonction du comportement des visiteurs avec les acteurs- qu’on aurait bien aimé voir en vidéo. Dommage, car les photos nous ont mis en appétit. (via core77)
Swing-boat, dans la continuité d’un travail plastique, interroge l’expérience humaine. Dans cette installation interactive de Nolwenn Daniel, étudiante aux beaux arts de Nantes, on découvre un univers fragile mais déterminé, où le temps se révèle être un processus continu et où les lieux et les actions inter réagissent. L’homme devient le passager d’un monde fluctuant et dérisoire, où le thème de l’enfance est omniprésent. Concrêtement, ce n’est pas moins qu’un portique et sa balançoire, accompagné de deux écrans de projection (un vertical, et un posé au sol) qui étaient disposés dans la pièce dédiée à l’artiste. Le spectateur, à peine entré, peut déjà apercevoir et entendre des vagues qui se se cassent en un rythme incohérent et ininterrompu. A peine installé sur la nacelle, l’histoire change: les vagues laissent place à des boucles vidéos, activées et contrôlées par différents capteurs installés sur le portique (un capteur de présence, et un autre d’inclinaison). Ainsi, en se balançant doucement, les images défileront lentement, tandis qu’elles accéléreront lorsqu’on prend de la hauteur. Les images ne tardent pas à glisser d’un écran à l’autre et à se faire écho, dévoilant par la même occasion une interdépendance notable. La projection au sol suscite alors une mise en abîme du spectateur, et fait souvent référence au thème de l’eau. C’est d’ailleurs Belle-île en mer (lieu de naissance de l’artiste) qui a été choisie comme lieu de tournage. Cette population en constant balancement entre l’île et le continent , le bateau comme principal mode de communication font effectivement écho à ces notions de densité et de double vitesse. Le tout est renforcé par une musique plutôt complentative et très réussie de Saycet tandis que, côté technique, c’est Wilfried Thierry qui prend le relai. Lauréate de la bourse d’aide à la création multimédia des Pays de Loire, Nolwenn Daniel s’impose donc avec une installation interactive où le spectateur, déclencheur d’un univers flottant et énigmatique, est invité à suivre une promenade poétique visuelle. La balançoire, véritable clef du dispositif renforce effectivement l’immersion. L’univers, plutôt difficile à déchiffrer sans toutes ces explications, aura néanmoins sû hypnotiser et relaxer le public de Scopitone. A voir en streaming ou à télécharger sur notre ftp.
L’installation Synapsogrammes se propose de délivrer l’expérience d’une rencontre sensible dans la matérialisation du contact entre deux synapses. Une grosse structure métallique, deux gros cocons blancs, deux vidéoprojecteurs et une bonne dose d’interactivité vous attendaient au rez-de-chaussée des ateliers et chantiers de Nantes. Sous titrée « géométrie de l’imaginaire », cette installation de Gaëtan de Robillard, étudiant aux beaux arts de Nantes, met en situation le rapport d’interaction entre deux êtres. Par un déplacement d’échelle et par un dispositif de captation/projection, la structure, plastiquement très réussie, invite donc deux spectateurs à pénétrer dans l’une des synapses. Ils se retrouvent alors confrontés à un écran qui retranscrit la gestuelle et le déplacement de l’un et de l’autre. Un dialogue chorégraphique se développe, agrémenté par des signaux sonores et des codes visuels partagés par chacune des deux synapses vidéo. Ces dernières sont donc visible de l’intérieur comme de l’extérieur, et rendent la structure (à la fois lourde et aérienne) vivante. L’application tourne sur PureData, et enregistre donc les images des caméras pour générer des systèmes de particules (des sortes de crayonnés noirs). Si le dialogue visuel n’est peut être pas toujours très simple à saisir, Synapsogrammes s’impose clairement comme l’une des installations les plus réussie de Scopitone jour. A voir en streaming ou à télécharger sur notre ftp.
Voyager dans le temps avec vos doigts, tout simplement. Voilà ce que proposait le Kronos Projector aux visiteurs du salon. Développé le week-end dans le garage de Alvaro Cassinelli, l’installation est une merveilleuse métaphore de la temporalité. Elle vous permet de modifier le cours du temps d’une vidéo, en touchant simplement l’écran. Appuyez sur l’image, et vous voyagerez en avant, relâchez et la réaction inverse des produira progressivement avec une effet d’onde très réussi. Etonnament, on ne nous sert pas un bête écran tactile, mais une toile qu’il faut véritablement déformer, par pression de la main. L’interaction tactile est provoquée par une caméra IR située derrière l’écran, qui va mesurer la position et le rayon de la déformation sur l’écran, pour en appliquer les conséquences sur la vidéo. Chose intéressante, il est également possible d’interagir à l’aide d’une lampe faisceau rouge. Après avoir dégagé les 2, 3 abrutis qui, à priori, rigolaient et ne comprenaient rien au lyrisme de la chose, on a enfin pu dégotter les secrets de la bête. Toucher l’écran revient à provoquer une déformation en profondeur de la vidéo. Et plus vous appuyez, plus vous avancez dans le temps et dans les images qui sont en fait superposées. Simple, mais ingénieux. Louons OpenGL et ses miracles, et son créateur (au CV titanesque) pour la patience qu’il a accordé à de pauvres étudiants. Après trente bonnes minutes à avoir tâté l’écran mou, et malgré les multiples visionnages des vidéos sur le net, je ne m’en lassais toujours pas. Complètement érotique, et visible dans vidéo Laval.