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PAR PIERRICK THEBAULT 21.04.2008

regarde.orgEt si les œuvres d’art étaient conscientes du regard que nous leur portons ? En s’interrogeant sur la relation entre une pièce et son public, Golan Levin et Greg Baltus ont créés en 2007 une sculpture mécatronique effrayante, composée d’un unique œil à l’échelle humaine. Mêlant mécanique, électronique et informatique temps-réel, le dispositif répond au regard des spectateurs avec plusieurs mouvements oculaires aussi bien familiers qu’inattendus. L’inquiétant « Opto-Isolator » fixe donc l’usager de son œil comme s’il cherchait à étudier sa réaction, détourne son regard une fois lassé, ou imite le clignement de vos yeux (précisément une seconde après vous) d’un claquement sec. Exposée en décembre dernier à la galerie Bitforms de New York, cette drôle de boite à œil, d’un noir brillant, dissimule un dispositif technique bluffant et délivre une expérience utilisateur particulièrement réussie. Réponse directe au voyeurisme des foules, l’ « opto-Isolator » ne manquera pas de rappeler certains systèmes homme-machine cyberpunk que l’on n’espère pas voir de sitôt dans nos sociétés. La preuve en vidéo.

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PAR PIERRICK THEBAULT 10.10.2007

regarde.orgAperçues à l’édition 2007 de Scopitone, les « coques de la ville » méritaient qu’on s’y attarde un peu plus. Son créateur, Gaëtan Robillard, nous éclaire sur sa démarche et nous démontre une nouvelle fois que son travail ne constitue en rien un loisir numérique ou un outil de visualisation, mais bien une œuvre d’art numérique à part entière. Place à l’entretien…

Gaëtan Robillard: Citypods, c’est un concept organique qui se développe à travers des continuités et des discontinuités. L’idée provient d’un regard sur la ville au sens de la dérive psycho-géographique, de la ville humeur, de la ville rumeur. En ce sens, Citypods est une morphopsychologie, une interface chimérique entre l’homme et son environnement, annexé aux rejets toxiques collectifs. C’est une traversée du nombre et du chaos, de la mesure et de la limite, mais aussi du temps réel, du temps machine… Pour résumer, Citypods est un branchement, un « plug », ou pour rester sur un langage numérique un « input/output ». Bref, un simulacre né du cinéma anxiogène de la culture de masse.

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PAR CLEMENT THIERY 04.10.2007

regarde.orgNon contents de cartonner au concert donné pour le festival Scopitone, les membres du groupe Ez3kiel y ont en plus amené leurs petites machines. En effet, ce groupe d’électro/dub originaire de Tours y présentait 3 installations interactives tirées de leur dernier album DVD, Naphtaline. Réalisées en collaboration avec Jarring Effects et Medias Cités, celles-ci permettaient au quidam d’explorer leur univers si particulier au travers de la création graphique et musicale. Premier de cette liste, Les Jardins d’Exebecce, proposait au visiteur de voyager sur une bonne vieille bicyclette dans un monde qui n’était pas sans rappeler Londres version 19ème siècle. Mais c’est pourtant dans une plaine plutôt vide que le périple commence, mais quelque coups de pédales remédient bien vite à cela… Et c’est grâce à la force de vos pieds que vous avançez, au travers d’une série d’environnements allant du désert de mort à une toundra verdoyante. Et si l’envie vous prend de peupler ce petit monde, quelques coups de freins créeront ou détruiront une série de personnages et d’objets insolites. Danseuses façon boîte à musique, phares, moulins et autres montgolfières viendront rejoindre les lueurs feux follesques qui peuplent cet univers, donnant à l’ensemble une impression plutôt bizarre, limite un peu glauque. Mais bon, à chacun sa vision car les gosses qui venaient donner du pied sur le vélo en compagnie de leurs parents avaient plutôt l’air de s’éclater… Quelques images dans la suite.

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PAR CLEMENT THIERY 03.10.2007

regarde.orgSaisissez une paire de lunettes polarisées et partez à la rencontre d’un « cube vide » . Aux frontières du réel et du virtuel, cette sculpture virtuelle dynamique n’a pas de fini de se jouer de vous. Imaginée par Mikaël Auffret, plasticien, puis développée en collaboration avec Quentin Delamarre, chercheur en informatique, cette drôle de forme embryonnaire se développe au fil des heures au rythme d’inquiétantes pulsations. Modelée par les mouvements des visiteurs et par le changement de lumière, la matière organique semble effectivement s’agréger à l’intérieur du cube transparent… Ce n’est pourtant qu’après plusieurs heures que l’on prendra vraiment conscience de la croissance de cet organisme « techno-biologique » à l’intérieur de ce « support-contenant ». Car c’est bien là la subtilité de ce travail qui mêle une surprenante utilisation du relief à une dose d’illusion. Simplement projeté en relief sur trois faces, l’ « Empty Cube » est donc une anamorphose très réussie qui pousse l’utilisateur à « voir » et « expérimenter » ! Tout effet d’optique a bien sûr son point de vu idéal, pas toujours propice à une utilisation de groupe, mais qu’importe, ce dispositif à la fois esthétique et technologique pose une vraie réflexion sur les modalités du réel. On ne regrettera de cette expérience visuelle et sonore qu’une scénographie un peu trop épurée et éloignée des montages convaincants du site du projet. L’« Empty Cube » reste en tout cas l’une des œuvres les plus convaincantes présentées à Scopitone cette année.

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PAR CLEMENT THIERY 27.09.2007

regarde.orgEt si on vous proposait de remonter le temps, d’avoir la capacité de revenir sur vos pas? Bon si vous êtes normalement constitués, et ça vous évitera de justifier vos conneries en disant « c’est pas grave je vais arranger ça! ». Mais au delà de la science fiction, quelques un vous proposent d’entrevoir cette possibilité, ou du moins, de vous en donner l’illusion… « Reste » était un peu l’extraterrestre de Scopitone. Bien loin du numérique à sensation, son sens poétique et philosophique était aussi prononcé que la transparence de sa technologie. Réalisé par Claire Pollet, artiste sortie de l’Ecole des Beaux Arts de Nantes (et assistée par Olivier Heinry pour la programmation), « Reste » propose une réflexion sur le temps, et l’existence d’une manière générale. Face à vous, un écran affiche l’image statique d’une fleur décrépie. Fatalité ? Non car vous pouvez dès lors intervenir, et remonter le temps pour redonner vie au végétal. Mais, chose étonnante dans ce type d’installations, cette procédure a un prix, et est exempt de tout aspect ludique. « Cette résurrection a un prix : celui de notre immobilité » précise Emmanuel Vaesken. C’est paradoxalement l’absence de mouvement et de vie d’un côté, qui l’insufflera de l’autre. Et croyez moi ce n’est pas chose facile que de rester sans bouger devant une fleur qui prendra tout son temps pour vivre. La question de la frustration est ici également présente, l’évolution étant lente et constituant un véritable combat. Si l’absence de le notion de jeu dans cette installation pût déplaire à certains, il n’en est pas moins sûr que « Reste » constitue une très belle réflexion sur notre mode de vie, et rappelle que de temps en temps, une pause pour contempler la vie n’est pas une perte de temps.

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