« Outside gaming », quand le jeu s’invite dans la ville. C’est arrivé ! A force de retourner les jeux vidéos dans tous les sens et de communiquer par avatars interposés, une poignée de gamers blasés a eu l’improbable idée de transformer l’espace public en terrain de jeu. Oubliez les jungles virtuelles de 50km², New York, Shanghai ou même Beaumont-du-Périgord se révèlent bien plus riches en adrénaline. Un retour aux sources physique, qui risque bien de vous faire suer.
Imaginez la tête des New-Yorkais en 2004 lorsqu’ils voient pour la première fois débouler un « Pac Man » téléphone en main, poursuivi par des « fantômes » drapés slalomant entre les passants ! Le tableau a de quoi surprendre, mais n’étonne aujourd’hui plus personne Outre-Manche. Et pour cause : depuis la première partie de « Pac Manhattan » en 2004, les initiatives du genre se multiplient. En effet, depuis trois ans, Greg Trefry, organisateur du festival « Come Out & Play », invite le public à venir jouer dans les rues de la « grosse pomme » ou d’Amsterdam. S’il connaît bien les créateurs déjantés de la « Tisch School of the Arts », c’est parce qu’il sélectionne chaque année des jeux qui développent de nouvelles interactions et bouleversent la perception de l’environnement. Qu’il s’agisse de calquer les règles d’un hit vidéoludique sur le monde réel (« blown-up videogames »), de participer à une chasse aux trésors urbaine (« hunts »), de partir à la poursuite d’un joueur (« assassins style »), d’occuper un espace de la ville (« territory control ») ou. simplement de créer du spectacle, ces jeux d’un genre nouveau garantissent visiblement une bonne dose de fun. Hétéroclites de part leurs mécanismes ludiques, ces derniers le sont également de part leur mise en œuvre plus ou moins « hi-tech ». C’est d’ailleurs dans les laboratoires de recherche des grandes universités que sont nés la plupart des jeux urbains tirant parti de la géolocalisation ou des codes barres visuels. « Conqwest », « Gridlockd ! » ou encore « CitiTag » : tous s’appuient sur une infrastructure complexe et des téléphones portable à 500$. Les geeks en raffolent, les néophytes s’étonnent, mais cette débauche de technologie n’est pas toujours synonyme de succès. Preuve en est, lors de la dernière édition de « Come Out & Play », les parties de « Fort Amsterdam », un jeu mobile GPS qui invite les joueurs à arpenter la ville pour trouver des indices, se sont transformées en batailles d’eau ! « Les gens aiment s’amuser sans se prendre la tête, ce qui n’est pas vraiment le cas lorsque vous devez avoir les yeux rivés sur un petit écran de téléphone » nous confie Greg Trefry. Pour intégrer au mieux la technologie dans leurs jeux, les créateurs ont donc intérêt à se creuser les méninges ! Alors qu’on croyait le genre essoufflé, voilà qu’un nouveau titre fait parler de lui à l’autre bout de la planète. Direction Shanghai pour interroger le collectif d’art numérique « VS », en pleins préparatifs pour le « eArts Festival »…
La suite de l'article dans le numéro 3 d'Amusement, en vente dans les bons kiosques.