S’il suffisait d’ajouter des chipsets, des antennes et d’injecter une nouvelle dose d’interactivité à nos objets pour qu’ils transforment l’industrie autant qu’internet a bouleversé le monde des médias, l’internet des objets ne passionnerait pas autant les futurologues ! C’est à la conférence internationale Lift, récemment organisée à Marseille avec la Fing, que les spécialistes de l’ « IOT » (internet of things) nous ont fait (re)découvrir le sujet sous une toute autre perspective. Retour sur une vision du futur où les produits du quotidien avalent, analysent, digèrent et publient des informations tout en étant conscients de leur histoire et de leur cycle de vie. Vous croyiez tout savoir sur les « objets bavards » ? Détrompez-vous.
En voulant écrire un roman de science fiction sur l’ « ubiquitous computing », l’auteur américain Bruce Sterling, souvent associé au courant « cyberpunk », écrira finalement une fantastique « non fiction » sur le futur du design industriel. Dans « Shaping Things » (2005), il analyse en effet la manière dont certains outils ont changé la face du monde, avant d’imaginer des objets entre le temps et l’espace : les « spimes ». Conscients de leur position, de leur environnement, auto-connectés, auto-documentés et parfaitement identifiables, ces derniers s’échangent en grande quantité des données à propos d’eux et du monde qui les entoure. A l’heure où l’internet des objets est devenu une réalité et tend à ressembler de plus en plus à l’internet, Bruce Sterling est revenu à Marseille sur ce qu’il considère encore aujourd’hui comme une théorie. Photographié sur le parquet de son domicile, le schéma présenté lors de la « keynote » du Lift aura permis de mieux comprendre les différentes étapes du cycle de vie d’un spime tout en soulevant de nombreuses questions. (…)
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