En 2007, le graphiste So-me créait l’événement en animant avec brio les t-shirts du groupe Justice dans leur clip « D.A.N.C.E. ». Au même moment, les mannequins du créateur de mode Hussein Chalayan défilaient sur les podiums avec des textiles lumineux. A l’heure où les technologies sans-fil et les surfaces d’affichages se font de plus en plus discrètes, la réalité rattrape chaque jour un peu plus la fiction. Sous l’impulsion de nombreux designers travaillant sur des vêtements interactifs, et des laboratoires de R&D, les tissus intelligents promettent de renouveler l’univers du prêt-à-porter et d’envahir nos placards. La révolution attendue pourrait d’ailleurs bien provenir des ménages et non des rayons, en témoignent les nombreux kits de « e-couture » vendus sur internet.
Fantasme de stylistes et lubie d’ingénieurs, la transformation de notre garde en robe en surface d’affichage se fait quelque peu attendre. Et pourtant, qu’il s’agisse de thermochromisme couplé à des transistors miniatures, de fibres optiques rougeoyantes ou de matrices de diodes éclairantes, les expérimentations ne manquent pas. Couplées à des microcontrôleurs miniatures dissimulés dans une doublure et alimentés au fond d’une poche, ces technologies apportent une nouvelle dimension interactive aux vêtements. Pionnier dans le domaine, Philips est l’un des premiers groupes à avoir créé des t-shirts animés entièrement personnalisables. Présentés au public comme un nouveau médium de communication, les produits « Lumalive » transforment effectivement le corps en un espace publicitaire sans cesse renouvelée. Flexible, dynamique et colorée, la petite matrice de 14 pixels par 14, couvrant environ 20cm carré, affiche ainsi le motif de votre choix. Connecté en USB à un logiciel de création, le dispositif gère même de véritables « playlists », dont l’autonomie ne dépassera hélas pas 4 heures. Au-delà de son application marketing, le produit de Philips semble avoir séduit la créatrice allemande Anke Loh, à l’origine d’un collection de « Dressing lights », bien moins couteuses mais également moins impressionnantes que la robe d’Hussein Chalayan. Constituée de cristaux Swarovski et de 15 000 LED, cette dernière pièce risque en effet de surprendre plus d’un teinturier.
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