Le succès du web 2.0 marque également le passage d’une économie de produits à une économie de services ouverts. Nouveaux gardiens de l’information, les éditeurs de services ont tout intérêt à partager des données générées par les internautes. De plus en plus d’ « API »1, des interfaces de programmations proposées au public, permettent d’accéder au cœur des nouvelles plateformes et de puiser dans des bases de données aujourd’hui jalousement surveillées. Certes, l’accès y est encore très balisé mais pour George Grinsted, elles sont un « formidable levier pour augmenter le nombre des utilisateurs en les laissant utiliser le service selon leurs désirs » (14). Ces passerelles techniques tendent effectivement à transformer le web en gigantesque jeu de Lego !
Les API permettent en effet à des tiers de s’interfacer avec une ou plusieurs plateformes existantes, en agrégeant les données au sein d’applications composites. Le contenu issu des différentes sources est combiné, exploité et ré-agencé dans de nouvelles applications ou « mashup »2 souvent novateurs. Amazon est encore une fois un des pionniers en la matière : le site de commerce en ligne offre depuis longtemps la possibilité d’afficher des catalogues d’objets et des boutiques personnalisées sur d’autres sites. Autre « API » incontournable, celle de Google Maps, qui permet à chacun de spatialiser des ressources en créant des cartes personnelles. Si le modèle économique des « mashup » peine à se préciser (14), l’exploitation non-commerciale des données est encouragée et rencontre un grand succès sur internet. De ce « remix » de données émergent donc des applications expérimentales ou artistiques, offrant des perspectives nouvelles sur un contenu souvent textuel et difficile à appréhender. Carte géo localisée des membres d’une communauté, représentations visuelles d’actualités, comparatifs enrichis de résultats ou collages multimédias générés automatiquement sont autant d’exemples d’applications originales livrées sur la toile par des développeurs créatifs.
La tendance du « mashup » illustre évidemment la muabilité d’un web de plus en plus facile à remodeler. De l’ouverture des plateformes émerge également une nouvelle question: celle de l’interopérabilité des données et des interfaces, qui permettront peut-être à tous les produits existants ou futurs de fonctionner ensemble. Soulevant de nombreux enjeux techniques et stratégiques, cette question cruciale est aujourd’hui traitée dans le domaine des services mobiles et constitue l’un des enjeux majeurs de l’informatique et d’internet. L’interconnexion des systèmes devrait en tout cas optimiser la circulation des données et bouleverser la manière dont nous appréhendons notre matière numérique…
Références:
1. Bordage, Frédéric. George Grinsted, Chatsum: «Le web 2.0, c’est passer d’une économie de produits à une économie de services ouverts». ZDNet. [En ligne] 2006. http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39315319,00.htm.
2. McAlister, Matt. How the mashup model can complement the page view model. Mattmcalister. [En ligne] 2005. http://www.mattmcalister.com/blog/_archives/2005/11/30/1428873.html.
Merci pour ces articles et surtout pour les références. Bonne continuation.
De même, merci pour cette série d’articles, très intéressante dans son déroulement comme dans son accessibilité.
Un retour tant attendu après ces quelques temps off,
encore bravo pour cette excellente rétrospective.
(« purée » m’a fait bien de rire… ;o)
Un article très complet ! Effectivement, le web 2.0 permet de modeler, remixer le contenu, ce qui en démultiplie la valeur.
Un exemple : GreenIvory a développé MashupXpress, un outil pour dynamiser son site Web. Il va agréger des informations de sources diverses, pour ensuite filtrer puis publier leur contenu sur votre propre site Web.
Cela permet d’améliorer le référencement : les moteurs de recherches identifient votre site comme étant actif, tout comme les utilisateurs…
Pour plus d’explications, c’est ici : http://www.greenivory.fr/Produits/MashupXFeed/#mashupxpress
Bonne continuation !