Saisissez une paire de lunettes polarisées et partez à la rencontre d’un « cube vide » . Aux frontières du réel et du virtuel, cette sculpture virtuelle dynamique n’a pas de fini de se jouer de vous. Imaginée par Mikaël Auffret, plasticien, puis développée en collaboration avec Quentin Delamarre, chercheur en informatique, cette drôle de forme embryonnaire se développe au fil des heures au rythme d’inquiétantes pulsations. Modelée par les mouvements des visiteurs et par le changement de lumière, la matière organique semble effectivement s’agréger à l’intérieur du cube transparent… Ce n’est pourtant qu’après plusieurs heures que l’on prendra vraiment conscience de la croissance de cet organisme « techno-biologique » à l’intérieur de ce « support-contenant ». Car c’est bien là la subtilité de ce travail qui mêle une surprenante utilisation du relief à une dose d’illusion. Simplement projeté en relief sur trois faces, l’ « Empty Cube » est donc une anamorphose très réussie qui pousse l’utilisateur à « voir » et « expérimenter » ! Tout effet d’optique a bien sûr son point de vu idéal, pas toujours propice à une utilisation de groupe, mais qu’importe, ce dispositif à la fois esthétique et technologique pose une vraie réflexion sur les modalités du réel. On ne regrettera de cette expérience visuelle et sonore qu’une scénographie un peu trop épurée et éloignée des montages convaincants du site du projet. L’« Empty Cube » reste en tout cas l’une des Å“uvres les plus convaincantes présentées à Scopitone cette année.


