Et si on vous proposait de remonter le temps, d’avoir la capacité de revenir sur vos pas? Bon si vous êtes normalement constitués, et ça vous évitera de justifier vos conneries en disant « c’est pas grave je vais arranger ça! ». Mais au delà de la science fiction, quelques un vous proposent d’entrevoir cette possibilité, ou du moins, de vous en donner l’illusion… « Reste » était un peu l’extraterrestre de Scopitone. Bien loin du numérique à sensation, son sens poétique et philosophique était aussi prononcé que la transparence de sa technologie. Réalisé par Claire Pollet, artiste sortie de l’Ecole des Beaux Arts de Nantes (et assistée par Olivier Heinry pour la programmation), « Reste » propose une réflexion sur le temps, et l’existence d’une manière générale. Face à vous, un écran affiche l’image statique d’une fleur décrépie. Fatalité ? Non car vous pouvez dès lors intervenir, et remonter le temps pour redonner vie au végétal. Mais, chose étonnante dans ce type d’installations, cette procédure a un prix, et est exempt de tout aspect ludique. « Cette résurrection a un prix : celui de notre immobilité » précise Emmanuel Vaesken. C’est paradoxalement l’absence de mouvement et de vie d’un côté, qui l’insufflera de l’autre. Et croyez moi ce n’est pas chose facile que de rester sans bouger devant une fleur qui prendra tout son temps pour vivre. La question de la frustration est ici également présente, l’évolution étant lente et constituant un véritable combat. Si l’absence de le notion de jeu dans cette installation pût déplaire à certains, il n’en est pas moins sûr que « Reste » constitue une très belle réflexion sur notre mode de vie, et rappelle que de temps en temps, une pause pour contempler la vie n’est pas une perte de temps.

Comme quoi, l’abscence d’interaction est une forme d’interaction…
L’absence de mouvement n’est pas une absence d’interaction…