Dénoncer la dictature de l’entertainement via des jeux vidéo, c’est possible. Et c’est le pari un peu fou du petit studio italien La molleindustria. A la base de ce projet, un constat qui fait peur (aux yeux d’un geek altermondialiste) : citoyens, l’industrie du jeu vidéo fait maintenant partie intégrate du processus de convergence des médias, inhibant par la même occasion ses capacités artistiques et politiques latentes. Un match en un seul round mettant KO les possibilités d’émancipation personnelles et collectives qui lui sont inhérentes. Oui citoyen gamer, tes sous filent directement dans la poche de multinationales et cela doit cesser! Voulant libérer les jeux vidéo de la « dictature du divertissement » pour lui apporter de nouveaux champs de développement, notamment dans l’art et l’expression, telle est notre quête. A grands coups de petits jeux cyniques et critiques de la société de consommation et de l’organisation sociale, cette équipe d’artistes et de développeurs italiens ne manquent pas de culot. A l’actif de leur brainstorming anti brainwashing, ce petit Tamagotchi version Stakhanov : Ou comment gérer au mieux la productivité d’un ouvrier en équilibrant son sommeil (pour l’énergie) et son divertissement (Sainte Mère TV) afin d’optimiser les résultats de l’entreprise. Autre jeu un peu farfelu : dans une société où les relations sexuelles sont un ciment social, à la base du maintien de l’ordre et du calme, vous devrez feindre l’orgasme sans vous faire griller, pour maintenir la productivité de votre salarié de mari. Et enfin, au zénith de cet activisme décalé, le jeu vidéo McDonald’s. Votre but? Assurer la pérennité de l’entreprise, gérant l’ensemble de la production, des champs de maïs transgéniques aux comptoirs de vos fast-foods. Vos armes? Des bulldozers pour raser la forêt, des hormones pour vos bovins et la possibilité de couper la bouffe avec des déchets afin d’augmenter leur volume. Mais gare à la vache-folle! Des concepts efficaces, une critique décalée et humoristique, on prendra un malin plaisir à faire vivre le cercle vicieux. Ca ne vous donnera pas forcément envie d’aller choper un Big Mac, mais ça vous fera peut être cogiter un petit peu sur ce contexte. Et puis bon, des altermondialistes qui cassent rien et qui vous font rire c’est quand même plus sympa.





