Alors que certains prônent la pureté de l’image comme représentation de la beauté et l’innocence, d’autres l’utilisent comme témoins de la superficialité de l’homme. DOU, jeune artiste russe de 23 ans, nous propose un projet aussi original que téméraire : photographier des visages nus. Mais plus que de traiter de la nudité physique, le concept consiste ici à enlever à la peau et au regard de ses modèles toute trace d’humanité, toute once de personnalité et de libre arbitre. Une façon habile de montrer qu’à force d’empiler les moules, on finit tous par se ressembler. Et ça marche. La visite de son portfolio vous mettra face à une galerie de portraits lisses, freaks aux visages poncés et polis, comme vitrifiés, érodés par la vie. Ces visages, bien qu’inexpressifs, traduisent pourtant une sensation de malaise, parfois de peur. Ces visages paraissent aussi comme étant le produit d’une réalité tangible et d’un espace virtuel, comme si les identités réelles et virtuelles se mélangeaient dans un espace neutre. Malgré peut-être un manque de maturité dans l’intention même du projet, à savoir l’uniformisation de la société, déjà traité à tort et à travers, le concept et sa réalisation parlent d’eux même et ne laissent pas le spectateur indifférent. La cerise sur le gâteau? Les tirages sont effectués grâce au procédé DIASEC, permettant à la photo de garder sa qualité originelle pendant un siècle entier… Un moyen fort d’appuyer ses idées, et de projeter ces visages dans l’avenir…




