Appréciez la température d’un objet virtuel. Si beaucoup d’installations interactives font appel au sens du toucher, peu d’entre elles permettent de retranscrire la chaleur ou la froidure ! Comme son nom l’indique, dans Thermoesthesia, l’utilisateur à la possibilité de sentir cette variation grâce à 80 modules Peltier contrôlés par ordinateur. Utilisés comme des « afficheurs thermiques », ces derniers peuvent évoluer de 5 à 45° Celsius ! Placés sur une table de manière à former une matrice, ils sont également couplés à des capteurs photo-électriques permettant de détecter la position de la main. L’utilisateur découvre alors des images projetées sur cette surface, dont la nature et le mouvement influent sur les réglages de la température. Les visiteurs de Laval Virtual ont ainsi presque pu toucher les flocons, cristaux ou autres foyers ardents, générés suivant leurs interactions avec la table, tout en ressentant la chaleur ou le froid. Si le dispositif est séduisant, on regrette la trop grosse épaisseur de la vitre posée sur les modules, ne permettant pas toujours de bien apprécier les changements ! Outre l’aspect expérimental de l’installation, on pourrait imaginer une déclinaison des usages de cette technologie pour les aveugles… En attendant de nouvelles améliorations (le côté tactile n’était pas très réactif lors de mon passage), Kumiko Kushiyama, à l’origine de ce projet, multiplie les expositions dans les festivals d’art numérique. Vous pourrez d’ailleurs trouver une vidéo prise au Ars Electronica Center en 2006 dans la suite…
Qui n’a jamais rêvé d’utiliser un globe terrestre interactif ? Rick Companje, Nico van Dijk, Hanco Hogenbirk et Danica Mast, des étudiants de l’université néerlandaise de Leiden, ont fait sensation à Laval Virtual avec leur « Globe 4D ». Avec leur installation, ils ont proposé au public d’observer la terre en intervenant directement sur une demi-sphère rotative (sur laquelle sont projetées des images 3D) mais également un plateau permettant d’influer sur le temps. L’interaction est des plus simples, et c’est cette dimension temporelle qui transforme la « 3D » en « 4D ». Si le dispositif n’a rien d’extraordinaire, l’équipe légitime son travail par un contenu plutôt riche qui permet de remonter plus de 750 millions d’années de bouleversements géologiques ou climatiques. Le globe se décline d’ailleurs très facilement pour la Lune, Mars ou n’importe quelle autre planète. L’application, développée en C++ utilise Open GL et OpenGlut, dispose d’un modèle de données bien particulier pour tout ce qui concerne les animations et les textures. Ciblant directement les musées, écoles ou centres de recherches, les jeunes media designers ont tout intérêt à ouvrir leur projet aux particuliers qui souhaiteraient également mettre au point de nouvelles cartes… Si le contenu semble être au rendez-vous, il est dommage qu’il soit réduit à une vision macroscopique, alors qu’il aurait été possible de mettre point des interactions plus complexes. En attendant un zoom surpuissant, permettant de plonger dans les profondeurs des planètes, l’équipe repart avec deux prix : celui de l’ « Education and Virtual Entertainment » et celui des « Emerging Technologies », qui leur offre un billet d’entrée au Siggraph 2007. Pas mal non ?
Le web 2.0 vu par la fondation Orange.
Faut-il avoir peur de Google?
Un étonnant ballet robotique. Vous ne rêvez pas, ce sont bien de mini-cubes sur roulettes qui valsent en rythme sur un décor et château. Posés sur un écran d’ordinateur placé à l’horizontale, ces miniuscules robots s’animent en effet comme de vrais êtres vivants ! Pas besoin de télécommande ou d’ondes radio, ils agissent de manière autonome et sont simplement contrôlés par les images affichées sur la dalle. A l’aide de capteurs lumineux, chaque bestiole peut en effet interpréter les figures géométriques animées correspondant à des actions précises. Masahiko Inami, professeur à l’université d’électro-communications de Tokyo, était évidemment présent à Laval Virtual pour nous exposer le travail qu’il mène avec ses étudiants. Outre cette animation totalement décalée du laboratoire, on pouvait également découvrir un petit ours blanc, aux allures de « designer toy », à accrocher sur son écran d’ordinateur ! Deux carrés suffisent cette fois-ci à commander des actions simples, comme le battement des bras ou des jambes, signalant par exemple l’arrivée d’un nouveau message. Derrière une technologique apparemment très simple, se cachent évidemment un programme complexe mais qui nous laisse entrevoir d’énormes possibilités. Pour le moment, seule la surface d’affichage requise pose encore problème, mais l’on peut s’attendre à cette dernière soit considérablement réduite dans l’avenir. En attendant que vos toyz se mettent à swinguer, passez plutôt découvrir les autres travaux du « Inami Lab » !